Accusé de viol sur une banquière : le marabout TikTokeur « Dianetal Mara » arrêté
Le dossier est désormais entre les mains de la justice, et l'issue de cette procédure sera suivie de près par ceux qui appellent à une réponse institutionnelle ferme face à l'instrumentalisation du fait religieux à des fins criminelles.

Un homme se présentant comme marabout et très suivi sur les réseaux sociaux a été interpellé à Bargny pour des faits graves de violence sexuelle et physique. Sa victime présumée est une employée du secteur bancaire qu'il aurait manipulée avant de commettre les actes reprochés.
Pape Malick Sarr, connu sous le pseudonyme «Dianetal Mara», cumulait une audience importante sur TikTok où il se mettait en scène avec un serpent autour du cou pour asseoir son image de guide spirituel. La police de Bargny l'a placé en garde à vue à la suite d'une plainte déposée par une femme travaillant dans une banque. Il est poursuivi pour viol suivi de grossesse, menaces de mort et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail.
L'affaire illustre un phénomène qui prend de l'ampleur au Sénégal et dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest : l'exploitation des codes du maraboutage à des fins personnelles, amplifiée désormais par la puissance des plateformes numériques. Des individus utilisent TikTok, Facebook ou YouTube pour construire une réputation de thérapeute spirituel, attirer des personnes en situation de vulnérabilité et instaurer un rapport de confiance, parfois de dépendance. La mise en scène avec des animaux symboliques comme le serpent participe de cette mécanique de suggestion.
Le cas de Pape Malick Sarr n'est pas isolé. Ces dernières années, les tribunaux sénégalais ont instruit plusieurs affaires impliquant de faux marabouts ou des guides religieux autoproclamés accusés d'abus sexuels, de séquestration ou d'extorsion. La différence avec les affaires précédentes réside ici dans le rôle central joué par les réseaux sociaux comme vecteur de recrutement des victimes. La notoriété numérique est devenue un instrument de prédation, accessible à moindre coût et difficile à réguler.
Cette situation pose la question de la responsabilité des plateformes dans la diffusion de contenus qui se présentent comme des pratiques ésotériques ou religieuses légitimes. Elle interroge aussi les pouvoirs publics sur la nécessité d'un cadre légal plus clair pour encadrer l'exercice du maraboutage et sanctionner ses dérives. Les associations féministes sénégalaises réclament depuis plusieurs années un renforcement des dispositifs de protection des victimes de violences commises dans des contextes de manipulation psychologique ou spirituelle.
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