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Affaire des 37 milliards de l'ASER : Thierno Alassane Sall dans le viseur d'une plainte

Me Patrice Kabou, avocat de AEE Power EPC, a annoncé une plainte contre le député Thierno Alassane Sall pour diffusion de fausses nouvelles et collecte frauduleuse de documents ban

Affaire des 37 milliards de l'ASER : Thierno Alassane Sall dans le viseur d'une plainte
Affaire des 37 milliards de l'ASER : Thierno Alassane Sall dans le viseur d'une plainte — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Le député et ancien ministre Thierno Alassane Sall se retrouve sous la menace d'une action judiciaire dans l'affaire qui secoue l'Agence sénégalaise d'électrification rurale. L'avocat de la société AEE Power EPC annonce une plainte formelle contre lui pour diffusion de fausses nouvelles et collecte frauduleuse de documents bancaires.

Me Patrice Kabou, conseil de AEE Power EPC, a rendu publique son intention de porter plainte contre Thierno Alassane Sall. Les griefs retenus sont précis : diffusion de fausses informations et obtention irrégulière de documents bancaires. Cette démarche judiciaire intervient alors que le député est l'un des voix les plus actives dans la dénonciation de ce qui serait un détournement de 37 milliards de francs CFA au sein de l'ASER.

L'Agence sénégalaise d'électrification rurale est un établissement public stratégique, créé pour étendre l'accès à l'électricité dans les zones rurales du Sénégal. Financée en grande partie par des fonds publics et des partenaires extérieurs, l'ASER gère des marchés considérables liés à l'installation et à la maintenance d'infrastructures énergétiques à travers le pays. La société AEE Power EPC figure parmi les prestataires impliqués dans ces chantiers.

Thierno Alassane Sall, fondateur du parti République des Valeurs et figure de l'opposition, s'est fait connaître ces dernières années par ses prises de position documentées sur la gestion des ressources publiques au Sénégal. Son engagement dans ce dossier s'inscrit dans une tradition de contrôle parlementaire qu'il revendique comme un droit et un devoir constitutionnel. La plainte déposée contre lui constitue donc un retournement de situation notable : celui qui accuse se retrouve lui-même mis en cause.

La riposte judiciaire d'un prestataire privé contre un élu interpelle sur les contours du débat public autour des marchés de l'État. En Afrique de l'Ouest, plusieurs affaires similaires ont vu des lanceurs d'alerte ou des élus poursuivis après avoir rendu publiques des informations relatives à des contrats publics, alimentant un débat sur l'équilibre entre protection des acteurs économiques et liberté d'expression politique. Au Sénégal, le contexte post-alternance de 2024 a ravivé les exigences de transparence dans la gestion des fonds publics, avec plusieurs dossiers ouverts ou relancés par les nouvelles autorités.

L'issue de cette procédure judiciaire sera suivie de près, tant elle met en jeu des questions fondamentales : la liberté du contrôle parlementaire, la protection des deniers publics et les limites du droit à l'information dans un État qui se dit engagé sur la voie de la reddition des comptes.

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