Affaire du terrain de Ngaparou Awa Baldé vs Aziz Ndiaye : la justice clôt le dossier Aziz Ndiaye pour prescription
La clôture pénale du dossier ne signifie pas nécessairement la fin de toutes les voies de recours ; d'éventuelles actions civiles restent, en principe, ouvertes aux parties qui s'estimeraient lésées.

Le tribunal correctionnel de Dakar a mis un terme définitif aux poursuites pénales visant l'homme d'affaires Aziz Ndiaye dans le litige foncier de Ngaparou. La prescription de l'action publique a été prononcée, vidant ainsi l'affaire de toute substance judiciaire sur le plan pénal.
Le mécanisme juridique de la prescription permet, passé un certain délai fixé par la loi, d'éteindre automatiquement toute poursuite pénale, indépendamment de la nature des faits reprochés. En droit sénégalais, ce délai varie selon la gravité de l'infraction. Dans cette affaire, le tribunal a estimé que ce délai était écoulé, rendant toute action des parquets irrecevable. Pour Aziz Ndiaye, figure connue du monde des affaires sénégalais, cette décision met fin à une procédure qui pesait sur sa réputation.
Le terrain au coeur du litige est situé à Ngaparou, localité balnéaire de la Petite-Côte, une zone qui concentre depuis des années de nombreux conflits fonciers. Cette région, prisée pour son littoral et son potentiel touristique, est régulièrement le théâtre de disputes entre particuliers, promoteurs immobiliers et parfois l'État sénégalais. Les terres y sont rares, leur valeur élevée, et les titres de propriété souvent contestés, ce qui nourrit un contentieux judiciaire persistant.
La question foncière reste l'une des plus sensibles au Sénégal. Entre le droit coutumier, les titres fonciers délivrés par l'administration et les transactions informelles, les sources de conflits sont nombreuses. Des familles entières se retrouvent opposées à des acquéreurs qui revendiquent des actes légaux, pendant que les procédures s'étirent sur des années. La prescription, dans ce contexte, produit un effet paradoxal : elle clôt formellement un dossier sans nécessairement trancher le fond du litige ni restaurer la confiance des parties.
Ce type de dénouement soulève une interrogation plus large sur l'efficacité du système judiciaire face aux affaires complexes. En Afrique de l'Ouest, les délais de procédure sont fréquemment pointés du doigt par les justiciables et les observateurs. Lorsque la prescription intervient avant tout jugement au fond, elle peut être vécue comme un déni de justice par les plaignants, même si elle constitue une garantie légale destinée à protéger les accusés contre des poursuites indéfinies.
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