Budget 2026 : les députés tirent la sonnette d'alarme sur les retards des investissements publics
Si les recettes de l'État et certains programmes affichent des performances encourageantes, l'Assemblée nationale appelle le gouvernement à accélérer l'exécution des projets structurants avant la préparation du budget 2027.

Budget 2026 : les députés tirent la sonnette d'alarme sur les retards des investissements publics
Si les recettes de l'État et certains programmes affichent des performances encourageantes, l'Assemblée nationale appelle le gouvernement à accélérer l'exécution des projets structurants avant la préparation du budget 2027.
L'exécution du budget 2026 présente un tableau contrasté. C'est le principal enseignement du rapport général issu des auditions des ministères par les commissions permanentes de l'Assemblée nationale. Après quatre mois d'exercice, les députés saluent les progrès enregistrés dans plusieurs secteurs, tout en alertant sur les retards persistants qui affectent les investissements publics, pourtant essentiels à la transformation économique et sociale du pays.
Le rapport montre que certains départements ministériels enregistrent des niveaux d'exécution financière satisfaisants, notamment grâce aux transferts et aux dépenses récurrentes. Le ministère de l'Agriculture se distingue avec un taux d'exécution de 43,3 %, porté par les campagnes agricoles, tandis que le ministère des Finances et du Budget affiche une forte mobilisation des recettes fiscales, proche des objectifs fixés pour le premier trimestre.
Mais derrière ces résultats se cache une réalité plus préoccupante. Les investissements publics peinent à suivre le rythme. Les secteurs des infrastructures, de la santé, de la culture, du numérique, de l'urbanisme ou encore de l'éducation affichent des taux d'exécution particulièrement faibles, parfois inférieurs à 5 %. Les parlementaires pointent notamment la lenteur des procédures de passation des marchés, les retards dans la mise à disposition des crédits, les difficultés de mobilisation des financements extérieurs ainsi que la faible maturité de certains projets.
Autre constat majeur : l'écart entre l'exécution physique et l'exécution financière. Plusieurs projets avancent sur le terrain sans que les engagements budgétaires ou les paiements ne suivent au même rythme, compliquant l'évaluation réelle de la performance gouvernementale.
Les députés relèvent également des insuffisances dans le suivi des politiques publiques. De nombreux indicateurs de performance demeurent absents ou incomplets, limitant la capacité du Parlement à apprécier l'efficacité de la dépense publique et à exercer pleinement sa mission de contrôle.
Le budget 2027 sous le signe des arbitrages
Au-delà du diagnostic, le rapport trace les grandes orientations pour le prochain exercice budgétaire. Dans un contexte de consolidation des finances publiques, de maîtrise du déficit et de soutenabilité de la dette, les députés recommandent de concentrer les ressources sur les projets déjà matures et à fort impact économique et social. Ils plaident également pour une meilleure territorialisation des investissements, une accélération des procédures administratives et un renforcement de la culture de la performance dans l'administration publique.
Un message clair à l'Exécutif
À quelques mois de la préparation du projet de loi de finances 2027, l'Assemblée nationale adresse un signal fort au gouvernement : les résultats budgétaires ne devront plus être appréciés uniquement à l'aune des montants dépensés, mais surtout au regard des réalisations concrètes et de leur impact sur les populations. L'enjeu est désormais de transformer les crédits votés en infrastructures, services publics et projets visibles, au bénéfice des citoyens sur l'ensemble du territoire.
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