Changement climatique : l'Ucad forme des élus et agents municipaux pour mieux y faire face
La clôture de cette session, prévue le 17 juillet, devrait ouvrir la voie à d'autres cycles de formation, à mesure que le projet SI-Clim étendra progressivement son action vers de nouvelles communes et de nouveaux profils d'acteurs locaux.

Des responsables municipaux sénégalais sont réunis à Dakar pour acquérir des outils concrets face aux bouleversements climatiques qui frappent de plus en plus durement les territoires locaux. La Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université Cheikh Anta Diop accueille cette semaine une session de formation placée sous le signe du projet SI-Clim.
Du 13 au 17 juillet 2026, la Flsh de l'Ucad ouvre ses portes à des élus locaux et des agents municipaux venus suivre une formation dédiée aux enjeux du changement climatique. L'initiative s'inscrit dans le cadre du projet SI-Clim, dont l'ambition est de doter les acteurs de la gouvernance locale des connaissances nécessaires pour comprendre et anticiper les effets du dérèglement climatique sur leurs territoires.
Le choix de cibler les communes n'est pas anodin. Au Sénégal, ce sont souvent les collectivités territoriales qui se trouvent en première ligne face aux inondations, à la montée des eaux, à l'érosion côtière ou aux sécheresses récurrentes. Pourtant, les agents municipaux et les élus locaux manquent fréquemment de formation scientifique et technique pour lire ces phénomènes, les anticiper et adapter leurs décisions en conséquence. Combler ce déficit est précisément l'un des objectifs que s'est fixé cette initiative portée par l'Ucad.
L'université Cheikh Anta Diop, fondée en 1957 et première institution d'enseignement supérieur du pays, joue depuis des décennies un rôle central dans la production et la diffusion du savoir en Afrique de l'Ouest. Son engagement dans un projet à destination des acteurs locaux illustre une orientation de plus en plus affirmée vers la recherche appliquée et le transfert de compétences vers les institutions non académiques. Cette démarche répond à une attente forte des partenaires au développement, qui insistent sur la nécessité d'ancrer la lutte contre le changement climatique dans les réalités du terrain.
La question est d'autant plus urgente que le Sénégal figure parmi les pays africains les plus exposés aux effets du dérèglement climatique. La langue de Barbarie à Saint-Louis, le littoral dakarois ou encore les zones agricoles du Sahel sénégalais illustrent chaque année un peu plus la vulnérabilité du territoire national. Face à ces réalités, former des décideurs locaux capables de traduire les données climatiques en politiques publiques concrètes représente un levier essentiel, là où les grandes déclarations internationales peinent souvent à produire des effets tangibles.
À l'échelle du continent, plusieurs pays ont engagé des démarches similaires visant à renforcer les capacités des gouvernements locaux en matière d'adaptation climatique. Le Sénégal, à travers cette formation portée par l'Ucad, s'inscrit dans cette dynamique africaine qui cherche à faire de l'université non plus seulement un lieu de savoir théorique, mais un acteur direct du développement territorial.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


