Charlatanisme à 32 millions : la DIC défère un escroc présumé au parquet
La Division des Investigations Criminelles a remis un suspect à la justice le 2 août 2026, au terme d'une enquête sur une escroquerie liée au charlatanisme ayant causé un préjudice de plus de 32 millions de francs CFA.

Les faits remontent à 2023. Un individu aurait soutenu sa victime sous couvert de pratiques maraboutiques ou mystiques, lui soutenant des sommes d'argent répétées jusqu'à atteindre un total de 32 237 114 FCFA. C'est à la suite d'une plainte déposée par la personne lésée que la DIC, unité spécialisée dans les affaires criminelles complexes, a ouvert ses investigations avant de procéder au déferrement du mis en cause devant le parquet compétent.
Le charlatanisme constitue une infraction pénale au Sénégal. Le Code pénal réprime les individus qui exploitent la crédulité d'autrui à des fins d'enrichissement personnel, notamment lorsqu'ils se présentent comme détenteurs de pouvoirs occultes. Dans la pratique, ces affaires prospèrent sur un terrain culturel et social particulier, où la croyance aux forces invisibles reste profondément ancrée dans certaines franges de la population, rendant les victimes vulnérables à des manipulations sophistiquées.
Le montant en cause, plus de 32 millions de francs CFA, illustre l'ampleur que peuvent atteindre ces escroqueries. Les victimes, souvent en situation de détresse personnelle ou professionnelle, sont approchées avec des promesses de guérison, de succès en affaires ou de résolution de conflits familiaux. La relation de confiance s'installe progressivement, et les versements s'accumulent avant que la duperie ne soit réalisée, parfois des mois ou des années plus tard.
À l'échelle du continent africain, le phénomène est loin d'être isolé. Du Cameroun à la Côte d'Ivoire en passant par le Mali, les parquets enregistrent régulièrement des plaintes similaires. Les montants escroqués varient selon le profil socio-économique des victimes, mais les mécanismes restent identiques : exploitation de la foi, promesses invérifiables et pressions psychologiques répétées. Les autorités judiciaires sénégalaises, en intensifiant les déferrements dans ce type d'affaires, envoient un signal clair sur leur volonté de ne plus laisser ces pratiques dans l'impunité.
L'affaire est désormais entre les mains de la justice ; son issue permettra de mesurer la fermeté avec laquelle les tribunaux sénégalais entendent traiter ce type de délit, dans un contexte où les associations de défense des consommateurs réclament depuis longtemps un renforcement des poursuites contre les charlatans.
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