Corniche de Dakar : le maire Abass Fall s'insurge contre la destruction du parcours sportif
Des travaux de réfection sur la corniche dakaroise ont emporté avec eux les équipements du parcours sportif, provoquant la colère du maire de la ville, Abass Fall, qui n'hésite pas à parler de «banditisme».

Ce matin, des engins de chantier mobilisés pour des travaux le long de la corniche de Dakar ont atteint la zone réservée aux sportifs. Les équipements installés sur ce parcours ont été détruits dans le cadre de ces réfections, sans que les usagers habituels du lieu n'aient été prévenus ni déplacés dans les formes. Le maire de Dakar, Abass Fall, a réagi publiquement, dénonçant avec véhémence ce qu'il qualifie de «banditisme» de la part des autorités responsables de ces travaux.
La corniche dakaroise est bien plus qu'une simple voie littorale. Longée par l'océan Atlantique, elle constitue l'un des rares espaces publics de la capitale sénégalaise où des milliers d'habitants, toutes classes sociales confondues, pratiquent une activité physique au quotidien. Le parcours sportif qui s'y trouve est devenu au fil des années un lieu de vie et de sociabilité, fréquenté dès l'aube par coureurs, marcheurs et pratiquants d'arts martiaux ou de fitness en plein air.
La tension entre projets d'infrastructure et préservation des espaces publics n'est pas nouvelle à Dakar. La ville connaît depuis plusieurs années une pression urbaine intense, et les grands chantiers d'aménagement ont souvent eu raison de zones de loisirs ou de verdure, au grand dam des résidents. Cette logique touche d'ailleurs de nombreuses capitales africaines où l'urbanisation rapide se fait régulièrement au détriment des espaces dédiés au bien-être collectif.
La réaction d'Abass Fall illustre une fracture plus profonde entre les élus locaux et les autorités nationales sur la gestion du territoire urbain. En qualifiant publiquement les travaux de «banditisme», le maire de Dakar adopte un ton particulièrement offensif, signalant que la concertation entre les différents niveaux de gouvernance fait défaut dans la conduite de ce chantier. Cette situation pose la question de la coordination entre mairie et État central dans une ville où les compétences et les responsabilités se chevauchent fréquemment.
Au-delà de la polémique politique, c'est la question de l'accès des citoyens aux espaces sportifs publics qui est posée. Dans un pays où les infrastructures sportives privées restent inaccessibles à la majorité de la population, le parcours de la corniche représente un bien commun irremplaçable. Sa destruction, même partielle et temporaire, prive des milliers de Dakarois d'un cadre d'exercice physique gratuit et ouvert à tous.
La mobilisation du maire et l'écho suscité par cet incident pourraient contraindre les autorités à prendre position officiellement sur l'avenir du parcours sportif et sur les conditions dans lesquelles les travaux de la corniche seront poursuivis.
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