Point-E : un nouveau-né abandonné dans un sachet, sauvé par une vendeuse de rue
Une vendeuse de fruits a fait une découverte pour le moins inattendue, samedi dernier, peu avant 9 heures, à la rue Ziguinchor, à Point-E. Alors qu’elle s’installait à son étal, el

Une vendeuse de fruits installée rue Ziguinchor, dans le quartier huppé de Point-E à Dakar, a retrouvé samedi matin un bébé de sexe masculin vivant, déposé sur sa table de travail dans un sachet en plastique. Le nourrisson a été pris en charge avant que la situation ne tourne au drame.
C'est en débutant sa journée, peu avant neuf heures, que la marchande a fait cette découverte bouleversante. Posé sur son étal, un nouveau-né emmailloté dans un sachet attendait, en vie. Alertée et visiblement sous le choc, la femme a réagi rapidement pour porter secours à l'enfant, évitant ainsi le pire dans un contexte où chaque minute comptait pour la survie du nourrisson.
L'abandon de nouveau-nés est une réalité récurrente au Sénégal, souvent liée à des grossesses non désirées, à la pression sociale et familiale, ainsi qu'à la stigmatisation des mères célibataires. Des cas similaires sont régulièrement signalés dans plusieurs quartiers de Dakar et d'autres villes du pays, parfois avec des issues bien plus tragiques. Les services de la police et de protection de l'enfance sont fréquemment appelés à intervenir sur ce type de situations.
Le phénomène dépasse largement les frontières sénégalaises. En Afrique subsaharienne, l'abandon de nourrissons constitue un enjeu de santé publique et de protection sociale que les États peinent à endiguer faute de structures d'accueil suffisantes et de politiques sociales adaptées. Des dispositifs comme le «baby-box», expérimentés dans certains pays européens et asiatiques, sont encore absents du continent africain, où la réponse repose essentiellement sur des structures associatives et caritatives souvent sous-financées.
Au Sénégal, la loi punit l'abandon d'enfant. Les auteurs de tels actes peuvent être poursuivis pénalement, mais les enquêtes aboutissent rarement à l'identification des parents, en particulier lorsque l'abandon a lieu dans un lieu public très fréquenté. La détresse des mères concernées, souvent jeunes et isolées, invite également à interroger la responsabilité collective et les réponses sociales que la société sénégalaise est en mesure d'apporter.
L'enquête ouverte pour retrouver l'auteur ou les auteurs de cet abandon devrait permettre d'éclairer les circonstances exactes dans lesquelles ce nouveau-né a été laissé rue Ziguinchor, tandis que la question de sa prise en charge sur le long terme reste entière.
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