Déclaration de patrimoine : l'OFNAC fixe une date butoir et brandit la menace de sanctions
La date du 31 juillet approche ; les prochaines semaines diront si cette offensive de l'OFNAC marque un véritable tournant dans la culture de transparence au sein de l'État sénégalais.

L'Office national de lutte contre la fraude et la corruption hausse le ton face aux récalcitrants. Son président Moustapha Ka a annoncé que le 31 juillet constitue la dernière limite pour se conformer à l'obligation de déclaration de patrimoine, sous peine de poursuites.
Devant la presse à Dakar, Moustapha Ka, président de l'OFNAC, a clairement signifié que les personnes assujetties à la déclaration de patrimoine qui n'auraient pas rempli cette obligation avant la fin juillet s'exposent à des sanctions prévues par la loi. Cette mise en garde concerne un large spectre de hauts responsables, y compris les membres du gouvernement.
La déclaration de patrimoine est une obligation légale instaurée au Sénégal pour renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques. Elle vise à permettre un contrôle de l'évolution de la fortune des élus et fonctionnaires avant, pendant et après l'exercice de leurs fonctions. Dans les faits, son application a longtemps souffert d'un manque de volonté politique et d'une faible capacité de coercition de l'OFNAC, ce qui a nourri un sentiment d'impunité chez certains assujettis.
En affichant désormais une posture plus ferme, l'institution envoie un signal fort, dans un contexte politique marqué par les engagements du gouvernement en matière de reddition des comptes. Depuis l'alternance de mars 2024, les nouvelles autorités ont placé la lutte contre la corruption et la transparence patrimoniale au cœur de leur discours. L'OFNAC, dont le rôle est parfois resté en retrait, semble vouloir affirmer son indépendance et son efficacité opérationnelle.
À l'échelle du continent africain, la déclaration de patrimoine reste un outil sous-utilisé dans de nombreux pays, souvent vidé de sa substance faute de mécanismes de vérification indépendants et de sanctions effectives. Des pays comme le Kenya, le Rwanda ou le Ghana ont tenté d'en renforcer l'application avec des résultats contrastés. Le cas sénégalais pourrait constituer un test concret de la capacité d'une institution anticorruption à imposer ses décisions aux plus hauts niveaux de l'État.
L'enjeu dépasse la simple formalité administrative. Si l'OFNAC va effectivement jusqu'au bout de ses menaces contre des ministres ou d'autres personnalités influentes, ce serait une rupture significative avec les pratiques passées, où l'obligation restait souvent lettre morte sans conséquences réelles.
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