Diamniadio : un gérant de point Wave et sa femme kidnappés à leur domicile
Des individus armés ont fait irruption au domicile d'un gérant de point Wave à Diamniadio dans la nuit, avant d'enlever cet homme et son épouse sous la terreur.

Les faits se sont produits dans la ville nouvelle de Diamniadio, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Dakar. Selon les premiers éléments disponibles, un groupe d'hommes armés s'est introduit de force au domicile d'un certain A. Sow, gérant d'un point Wave dans la localité, avant d'emporter les deux époux dans des circonstances encore à élucider. L'attaque a semé l'effroi dans le voisinage et mobilisé les forces de l'ordre.
Diamniadio, pensée comme une ville moderne et sécurisée, symbole du développement urbain voulu par les autorités sénégalaises depuis une décennie, voit ainsi son image écornée par cet acte de grand banditisme. Cette cité, qui concentre administrations, universités, industries et zones résidentielles en pleine expansion, attire une population croissante mais peine encore à se doter de dispositifs de sécurité de proximité suffisamment étoffés pour faire face à la criminalité urbaine.
Ce type d'attaque ciblant les opérateurs de services de transfert d'argent mobile n'est pas inédit au Sénégal. Les gérants de points Wave, Orange Money ou Free Money sont régulièrement pris pour cible par des malfaiteurs qui les soupçonnent de détenir des liquidités importantes. La prolifération de ces points de services financiers mobiles, saluée pour son rôle dans l'inclusion financière des populations, expose en contrepartie leurs gérants à des risques physiques réels, souvent sous-estimés.
Le phénomène dépasse les frontières sénégalaises. Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest où le mobile money s'est imposé comme le premier outil bancaire des ménages, des attaques similaires contre des agents de transfert ont été recensées ces dernières années, au Mali, en Côte d'Ivoire ou au Burkina Faso. La question de la protection de ces petits acteurs économiques, véritables chevilles ouvrières de l'économie informelle, devient un enjeu de politique publique que les États peinent encore à saisir pleinement.
L'enquête ouverte par les services de sécurité devra établir les circonstances précises du rapt, déterminer si les auteurs avaient ciblé cette famille en raison de son activité professionnelle et, surtout, retrouver les victimes saines et sauves ; les prochaines heures s'annoncent décisives.
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