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Dionewar, île en sursis : la mer et le pétrole grignotent le delta du Saloum

Dans l'archipel du Saloum, l'île de Dionewar subit de plein fouet les effets conjugués du dérèglement climatique et de l'exploitation pétrolière. Ses habitants voient leur cadre de vie et leurs moyens de subsistance s'effriter année après année.

Dionewar, île en sursis : la mer et le pétrole grignotent le delta du Saloum
Dionewar, île en sursis : la mer et le pétrole grignotent le delta du Saloum — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Économie

Nichée dans le delta du Saloum, ce site classé au patrimoine mondial de l'Unesco, Dionewar est une île dont l'existence même est menacée. La mer grignote progressivement ses rives, tandis que la salinisation des terres agricoles compromet les cultures vivrières. Les hommes et les femmes qui y vivent depuis des générations témoignent d'une transformation brutale de leur environnement, un bouleversement qui s'accélère à mesure que les années passent.

Le delta du Saloum, vaste écosystème de mangroves, de bolongs et de chenaux, a longtemps constitué l'un des espaces naturels les plus riches du Sénégal. Ses eaux généreuses nourrissaient des familles entières grâce à la pêche artisanale, activité centrale dans l'économie locale. Aujourd'hui, les ressources halieutiques s'amenuisent, contraignant les pêcheurs à s'aventurer toujours plus loin pour des prises de plus en plus maigres.

La découverte de ressources pétrolières dans la sous-région vient compliquer davantage l'équation. L'exploitation des hydrocarbures dans le golfe de Guinée et au large des côtes ouest-africaines s'accompagne régulièrement de risques environnementaux documentés, pollutions, perturbation des fonds marins, modification des courants. Pour des communautés insulaires dont toute l'existence repose sur l'équilibre fragile d'un écosystème côtier, ces activités industrielles représentent une menace supplémentaire, qui s'additionne à la montée des eaux.

Le cas de Dionewar n'est pas isolé. De Saint-Louis, dont les quartiers de Guet-Ndar sont régulièrement submergés, aux îles du Sine-Saloum, le littoral sénégalais est en première ligne du changement climatique. Le pays fait partie des nations africaines les plus exposées à l'érosion côtière, une réalité qui renvoie à la responsabilité des grandes puissances industrielles, premières émettrices de gaz à effet de serre, dans la déstabilisation de territoires qui n'ont pourtant contribué qu'à la marge au réchauffement planétaire.

Pour les habitants de Dionewar, l'urgence est quotidienne. Elle se mesure aux champs qui ne produisent plus, aux filets qui remontent vides et aux concessions menacées par les flots. La question de leur avenir, rester ou partir, s'impose désormais avec une acuité que les discours sur la transition énergétique, tenus dans les grandes capitales mondiales, n'ont pas encore su résoudre.

La COP30, prévue à Belém au Brésil en novembre 2025, sera une nouvelle occasion de mesurer la distance entre les engagements climatiques internationaux et le quotidien des populations insulaires du Sénégal.

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