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Drame à Mbacké : Comment Adama Mboup s'est donné la mort après avoir tenté de tuer Amy Collé Sène

Une femme de 20 ans a survécu à une tentative de meurtre commise par son époux, retrouvé pendu peu après les faits dans des circonstances encore inexpliquées.

Drame à Mbacké : Comment Adama Mboup s'est donné la mort après avoir tenté de tuer Amy Collé Sène
Drame à Mbacké : Comment Adama Mboup s'est donné la mort après avoir tenté de tuer Amy Collé Sène — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

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Tout commence par une scène de violence domestique d'une brutalité extrême. Amy Collé Sène, 20 ans, est violemment agressée par son mari, Adama Mboup, 29 ans, connu dans son quartier sous le surnom «Youssou Tapissier». L'homme lui porte des coups susceptibles d'entraîner la mort. La jeune femme survit à l'attaque, mais son état nécessite une prise en charge médicale.

Les heures qui suivent prennent une tournure inattendue. Adama Mboup est retrouvé mort, pendu, quelques heures seulement après l'agression. Les circonstances précises de ce décès demeurent pour l'instant inconnues. S'agit-il d'un suicide, acte de remords d'un homme sachant qu'il allait répondre de ses actes devant la justice ? S'agit-il au contraire d'un homicide déguisé ? Les enquêteurs ont ouvert une information judiciaire pour répondre à ces questions.

Cette affaire rappelle avec force le poids de la violence conjugale au Sénégal, phénomène largement sous-déclaré mais bien documenté par les organisations de défense des droits des femmes. Des structures comme l'Association des juristes sénégalaises ou le réseau Siggil Jigéen alertent depuis des années sur la fréquence des violences faites aux femmes dans le foyer, souvent traitées comme des affaires privées par l'entourage et parfois même par les autorités. La pression sociale, la dépendance économique et la stigmatisation des victimes constituent autant d'obstacles qui dissuadent ces dernières de porter plainte.

À l'échelle du continent, la situation n'est pas meilleure. Selon ONU Femmes, une femme sur trois en Afrique subsaharienne est victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie, le foyer étant le lieu le plus dangereux. Les législations évoluent lentement, et les mécanismes de protection des victimes restent insuffisants dans de nombreux pays. Au Sénégal, le Code pénal réprime les coups et blessures volontaires, mais l'absence d'une loi spécifique sur les violences conjugales est régulièrement pointée du doigt par les défenseurs des droits humains.

Le cas d'Amy Collé Sène illustre également une réalité préoccupante : celle des jeunes femmes mariées tôt, souvent dans un rapport de dépendance vis-à-vis de leur conjoint, et exposées à des risques graves au quotidien. La question de l'âge des deux protagonistes, 20 et 29 ans, interroge sur les conditions dans lesquelles cette union a été contractée et sur les mécanismes de protection qui auraient pu, en amont, prévenir ce drame.

L'enquête ouverte par les autorités judiciaires devra établir les circonstances exactes du décès d'Adama Mboup, tout en garantissant une prise en charge digne et sécurisée pour sa victime ; les conclusions des investigations seront suivies de près par les associations féministes et les observateurs des droits humains au Sénégal.

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