Ebola : une nouvelle épidémie s’est déclarée en RDC et en Ouganda ; cinq personnes sont mortes selon un bilan provisoire
# Ebola frappe à nouveau : la RDC et l'Ouganda face à une nouvelle poussée meurtrière

Un virus que l'Afrique centrale connaît trop bien refait surface. L'épidémie d'Ebola s'est déclarée simultanément en République démocratique du Congo et en Ouganda, faisant plusieurs morts selon un premier bilan encore susceptible d'évoluer.
C'est l'agence sanitaire de l'Union africaine qui a tiré la sonnette d'alarme. Selon ses données, la province de l'Ituri, dans le nord-est de la RDC, constitue le foyer principal de cette nouvelle épidémie. Le bilan provisoire fait état de 246 cas suspects recensés, dont 65 décès — un chiffre nettement plus élevé que les cinq morts initialement évoqués dans les premières communications officielles. L'écart entre ces deux bilans illustre la difficulté à suivre en temps réel l'évolution d'une épidémie dans des zones souvent enclavées et sous-équipées.
La province de l'Ituri n'est pas inconnue des épidémiologistes. Cette région de l'est congolais, déjà fragilisée par des années de conflits armés et d'instabilité sécuritaire, a par le passé constitué un terrain propice à la propagation de maladies infectieuses. Le fait qu'Ebola ait également atteint le territoire ougandais voisin témoigne de la rapidité avec laquelle le virus peut franchir les frontières lorsque les systèmes de détection et de riposte sont débordés ou absents.
Ebola reste l'une des maladies les plus redoutées du continent. Depuis sa première identification en 1976 au Zaïre l'actuelle RDC le virus a provoqué de nombreuses flambées épidémiques, dont la plus dévastatrice, entre 2014 et 2016, avait tué plus de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest, touchant la Guinée, le Sierra Leone et le Liberia. Malgré le développement de vaccins et de traitements qui ont amélioré les chances de survie, la maladie demeure souvent mortelle, en particulier lorsque la prise en charge intervient tardivement.
Pour l'Afrique de l'Ouest et le Sénégal en particulier, cette résurgence rappelle des souvenirs douloureux. En 2014, Dakar avait enregistré un cas importé d'Ebola, immédiatement contenu grâce à une réponse rapide des autorités sanitaires une gestion saluée à l'époque par l'Organisation mondiale de la santé. Mais la vigilance reste de mise : les flux migratoires, les liaisons aériennes et les échanges commerciaux entre pays africains font de toute épidémie non maîtrisée un risque potentiel bien au-delà de son foyer d'origine. Le Centre de prévention et de contrôle des maladies de l'Union africaine (Africa CDC) joue désormais un rôle central dans la coordination des ripostes à l'échelle continentale [À confirmer : niveau d'activation du plan de réponse régional à ce stade].
La coexistence d'une épidémie d'Ebola avec d'autres crises sanitaires actives sur le continent mpox, choléra, paludisme sévissant simultanément dans plusieurs pays pose la question des capacités réelles des systèmes de santé à faire face à des urgences multiples. Les ressources humaines, logistiques et financières sont souvent limitées, et les populations les plus vulnérables se retrouvent prises en étau entre plusieurs menaces à la fois.
Dans les prochains jours, l'attention se portera sur la capacité des autorités congolaises et ougandaises, appuyées par les partenaires internationaux, à circonscrire rapidement ce foyer avant qu'il ne s'étende davantage une course contre la montre que l'Afrique a déjà su gagner, mais qui n'admet aucune négligence.
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