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Le Lesotho se dote d'une structure nationale pour contrer les cybermenaces

Comme de nombreux pays africains, le Lesotho mise sur le numérique pour soutenir son développement socio-économique. Cela suppose également de renforcer la cybersécurité. Le Lesoth

Le Lesotho se dote d'une structure nationale pour contrer les cybermenaces
Le Lesotho se dote d'une structure nationale pour contrer les cybermenaces — Photo : A l'heure / À l'Heure
Afrique

Le petit royaume montagneux d'Afrique australe vient de franchir une étape décisive dans sa stratégie de sécurisation de l'espace numérique. Le Lesotho a officiellement lancé son équipe nationale de réponse aux incidents de sécurité informatique, confirmant une tendance continentale de plus en plus marquée.

Le 29 juillet dernier, les autorités du Lesotho ont annoncé la création d'une structure dédiée à la détection et au traitement des incidents informatiques à l'échelle nationale. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique de transformation numérique que le pays poursuit depuis plusieurs années, convaincu que le développement économique passe désormais par la maîtrise des outils technologiques. Sans infrastructure robuste de cybersécurité, les gains attendus de cette transition restent exposés à des risques considérables.

Ce type de structure, désigné sous l'acronyme CERT (Computer Emergency Response Team) ou CSIRT selon les pays, est aujourd'hui considéré comme un socle incontournable de la souveraineté numérique. Plusieurs nations africaines ont déjà emprunté ce chemin : le Sénégal, par exemple, dispose du CERT-SN, opérationnel depuis une dizaine d'années sous l'égide du ministère en charge des télécommunications et de l'Autorité de régulation des télécommunications et des postes. Le Ghana, le Maroc, la Côte d'Ivoire ou encore le Kenya ont également consolidé leurs dispositifs nationaux ces dernières années.

L'enjeu dépasse largement la technique. En Afrique subsaharienne, l'essor des services financiers mobiles, de l'administration électronique et du commerce en ligne a multiplié les points de vulnérabilité. Les attaques par rançongiciel, les fraudes bancaires en ligne et les intrusions dans les systèmes d'information publics se sont intensifiées sur l'ensemble du continent. Selon l'Union africaine, les cyberattaques coûtent chaque année des milliards de dollars aux économies africaines, fragilisant des États dont les capacités de réponse restent inégales.

Pour le Sénégal, la démarche du Lesotho rappelle l'importance de maintenir et de renforcer les mécanismes existants. La stratégie nationale de cybersécurité adoptée par Dakar doit s'adapter en permanence à l'évolution des menaces ; la simple existence d'un CERT ne suffit pas si les ressources humaines formées et les budgets alloués ne suivent pas. La coopération régionale, notamment dans le cadre de la CEDEAO ou de l'Union africaine, reste par ailleurs un levier sous-exploité pour mutualiser les capacités de veille et d'intervention.

Le pas franchi par Maseru illustre que la cybersécurité n'est plus le privilège des grandes économies : même les États aux ressources limitées comprennent qu'ils ne peuvent s'offrir le luxe d'en faire l'impasse. Reste à savoir si ces nouvelles structures disposeront des moyens réels de leurs ambitions.

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