Entre hommage à un centenaire et oraison à la fin d'un jeune compagnonnage politique : un homme debout tend la main à son Peuple
Aucun discours n'a été plus grand. Jamais. C'est anthologique! A l'échelle des nations, on peut être et avoir été .L'héritage républicain est un flambeau jamais éteint Pourtant la scénique, le séquencage des thèmes, la circularité des articulations, au-delà de l'hommage à un homme exceptionnel, épouse en même temps les contours d'un contexte très actuel et est en filigrane, l’omelie que dis-je, l’oraison sur la mort d’un compagnonnage ou tout au plus, d’une ligne politique rigide, vers la gésine d'une nouvelle ère de "normalisation républicaine"

ENTRE HOMMAGE A UN CENTENAIRE ET ORAISON A LA FIN D’UN JEUNE COMPAGNONNAGE POLITIQUE: UN HOMME DEBOUT TEND LA MAIN A SON PEUPLE
Aucun discours n'a été plus grand. Jamais. C'est anthologique!
A l'échelle des nations, on peut être et avoir été .L'héritage républicain est un flambeau jamais éteint .
Pourtant la scénique, le séquencage des thèmes, la circularité des articulations, au-delà de l'hommage à un homme exceptionnel, épouse en même temps les contours d'un contexte très actuel et est en filigrane, l’omelie que dis-je, l’oraison sur la mort d’un compagnonnage ou tout au plus, d’une ligne politique rigide, vers la gésine d'une nouvelle ère de "normalisation républicaine"
Au-delà de l'hommage à un homme qui a servi la Nation, le discours de Diomaye à l'occasion du centenaire de Wade est la formulation la plus sublimée, des divergences profondes au sommet de l'état et les contours de la crise institutionnelle que vit le pays.
Il est aussi ce qui cristallise le nouvel agenda Diomaye et les futures lignes de démarcation entre le chauvinisme exclusiviste du Pastef originel et, l'ouverture, quoique balbutiante de Diomaye aux forces vives de la Nation.
N'en déplaise, on est ici très loin des heures critiques où l'on menaçait de «fusiller les anciens présidents de la République du Sénégal»
En sanctifiant Wade, le PR a trouvé les mots justes pour célébrer les premiers de cordée qui ont servi la Nation senegalaise: Senghor, Diouf ... et Macky.
En remontant le fil conducteur qui les relie dans le temps de la République, il met en évidence tout le poids de l'héritage dont il est actuellement le dépositaire comme le Graal qu’«On reçoit humblement de ceux qui ont servi la nation avant nous et qui l’ont fait grandir»
En cela le discours est re-fondateur ; mais, il est aussi prospectif par anticipation de l’homme que Diomaye veut devenir à l'instar de ces premium inter pares, par le parrallelisme subtil qu'il opére entre ces "hommes-peuple" et lui, jusqu'à présent "homme-qui-cherche-pied" dans la réalité du pouvoir.
Mais le faisant, le jeune Président mesure-t’il l'étendue de la tâche, le poids du leg et les risques d'une entreprise de ruptures aussi périlleuse ?
Ce qu'il y perd vaudra- t’il ce qu'il y gagnera?
Le Pastef déjà compartimenté en deux tendances toutes legitimes, risque de perdre dans sa mue, son ADN originelle de chauvinisme partisan . Qui plus est, cet électorat agrégé sous le credo du souverainisme panafricain exclusif et des mots d'ordre d'une rare radicalité.
En deux ans d'un magistère qui n'a pas porté la promesse des fleurs, Diomaye tend la main aux acteurs politiques et aux forces vives
C’est ́necessaire, c'est salutaire ....Jusqu'où ira-t-il pour assumer ses choix.? Quel écho viendra-til de l'opposition, de la société civiles et des citoyens électeurs?
Le Sénégal traverse aujourd’hui une période difficile. Cela exige un débat public fondé sur la rigueur, la responsabilité et la précision conceptuelle. Les défis économiques, sociaux et institutionnels ne seront pas résolus par la nostalgie, la stigmatisation ou la dramatisation morale, mais par une analyse méthodique, des propositions structurées et une capacité collective à dépasser les affects pour revenir aux faits. Aux urgences prioritaires surtout. Elles ont nom : dette, relance économique, emplois, sécurité sociale et territoriale....
La critique politique, pour être crédible, doit s’appuyer sur ces faits, avec des indicateurs, des mesures institutionnelles et économiques. Elle ne peut se réduire à des jugements de valeur, à des attaques globales ou à des généralisations qui confondent individus, institutions et dynamiques sociales.
Il est alors nécessaire de souligner ici, avec toute la reserve requise quand c'est Wade qui est à l'honneur, que l’invocation d’un panthéon historique — saints, résistants, intellectuels, hommes d’État — ne saurait servir de fondement pour "déclasser" des dirigeants actuels ou pour opposer un passé idéalisé à un présent jugé comme «une beautéde vignette produit avarié d'un siècle-vaurien». L’histoire politique du Sénégal montre que les élites se renouvellent, parfois de manière inattendue, et que chaque génération produit ses propres formes de leadership. La grandeur d’un pays ne se mesure pas à la conformité de ses dirigeants à un modèle hérité, mais à sa capacité à analyser lucidement ses choix et à corriger ses trajectoires.
Abdoulaye Wade est l'africain qui a poussé jusqu'au paroxysme la maitrise de l'art de la nuance, de la ruse et de la duplicité en politique. Son opposition de 26 ans couronnée de 12 ans d'exercice du pouvoir en fait le politicien le plus inspiré de l'Afrique de l'ouest post-indépendance.
Son centenaire biologique porte à la fois les empreintes du Centaure et du Sphinx : Renaître de ses cendres et se réinventer. Il avait l'intelligence du moment présent. Il savait choisir le temps des alliances et la saison de la séparation .
Peut-on dire pareil de celui qui a à peine la moitié de âge et dont l'âme a besoin de ce supplément de courage pour faire face a l'adversité tenace de l'absent du Jour, le plus présent au Grand Théâtre?
Entretemps, l’entrisme et la soft-opposition auront de beaux jours .C'est salutaire. Restera à déterminer plus tard s'il s'agit d'une majorité présidentielle élargie ou d'un gouvernement d'unité nationale .La divination s'arrête là, le temps que les ombres se dissipent sur le champ politique si chargé où, les fantômes du "corridor des tentations" «sunt a negocio perambulante in ténèbris»
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