REALITE ET RESPONSABILITE EN GESTION DES RESSOURCES PETROLIERES ET GAZIERES DU SENEGAL
En 2017 puis en 2018 Total avait signé avec l’Etat du Sénégal et Petrosen deux grands accords d’exploration offshore profond. Malgré des études sismiques et un forage d’exploration mené en 2019 (s’étant soldé par un puits sec sur le bloc de Rufisque pour un coût estimé à plus de 50 milliards de FCFA) les perspectives commerciales n’étaient pas bonnes.

REALITE ET RESPONSABILITE EN GESTION DES RESSOURCES PETROLIERES ET GAZIERES DU SENEGAL
En 2017 puis en 2018 Total avait signé avec l’Etat du Sénégal et Petrosen deux grands accords d’exploration offshore profond. Malgré des études sismiques et un forage d’exploration mené en 2019 (s’étant soldé par un puits sec sur le bloc de Rufisque pour un coût estimé à plus de 50 milliards de FCFA) les perspectives commerciales n’étaient pas bonnes.
Ainsi, en 2024 le groupe Total restitue définitivement les deux blocs d’offshore profond (Rufisque offshore profond et Ultra Deep offshore) aux autorités sénégalaises marquant ainsi la fin de ses activités d’amont (exploration-production) sur ces permis précis. Ces blocs ont finalement été divisés en sept blocs qui jusqu’à présent n’ont pas été repris par un opérateur.
Dans le même ordre d’idées Kosmos Energy est devenue actionnaire majoritaire du méga-gisement Yakaar Teranga après le retrait de la major britannique BP en 2023 pour non rentabilité du modèle basé sur l’exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL). Confrontée à la même réalité de rentabilité financière au détriment de celle économique et sociale faute de trouver un partenaire approprié et convenir d’un concept de développement commercialement viable, Kosmos a annoncé en 2025 sa décision de jeter l’éponge et restituer gracieusement le bloc à l’Etat. Ce qui a été acté en mai 2026.
La réalité est donc purement économique et commerciale. Nos états ont leurs gisements et leur code mais sont pour la plupart incapables de supporter les investissements en technologies, en expertises et en ressources financières nécessaires à l’exploration et à l’exploitation des secteurs pétroliers et gaziers.
Quelques rares pays qui disposent depuis longtemps de grandes réserves pétrolières et ceux qui, après une longue période de maturation marqué par des cessions de permis d’exploitation à de grandes compagnies comme Mobil, ont l’expertise et les installations nécessaires qui leur permettent de garder le contrôle total sur leurs ressources. Il est donc utopique voir démesuré de penser que seul le souverainisme suffit pour gérer les ressources naturelles.
Au Sénégal, nous avons mis en place un cadre juridique et de gouvernance assez complet de nos ressources naturelles notamment avec les Codes, l’ITIE et le Contenu local. D’ailleurs tous les ministres de l’énergie qui ont eu à gérer ce secteur l’ont salué de Madické NIANG à Birame Souleye DIOP en passant par Aly Ngouye NDIAYE, Sophie Gladima SIBY et Antoine DIOME.
En vérité les facteurs qui ont fait baisser les IDE de 98.9% et les investissements en capital, dégrader les notes du pays et amoindrir sa capacité d’endettement, suspendre les grands projets et pousser les investisseurs et autres partenaires techniques et financiers à geler provisoirement leurs interventions au Sénégal en l’espace de deux (02) ans sont les déclarations malencontreuses et maladroites de certaines autorités, la diplomatie de rue, le populisme et la justice de vengeance que certains ont voulu érigé en stratégie de gestion publique pour masquer leurs carences techniques et structurelles. En un mot il y a eu une désorganisation diplomatique, économique et juridique imposée par un camp au détriment du véritable dépositaire de la légitimité populaire, institutionnelle et démocratique.
Rappelez ces épisodes dont on attend toujours le dénouement ou la preuve par les actes : 1000 milliards retrouvés dans un seul compte d’un ancien dignitaire, économie au 4ièm sous-sol, les barils de pétroles ont commencé à être vendu depuis bien avant 2024, l’abrogation de la loi d’amnistie qui devait être la 1ere loi votée par cette présente législature, les fonds politiques
En ce qui concerne Pétrosen, nous nous attendions à mieux et plus de son ancien DG que cette sortie au vitriol d’hier sur les réseaux sociaux qui s’inscrit plus dans la manipulation politique, la preuve d’une appartenance à un camp ou d’une allégation à une personne.
En effet, après avoir courageusement reconnu que toutes les dettes de Petrosen étaient connues, suivies et seraient apurée d’ici la fin de l’année et reçu gracieusement des blocs et gisements sa communication de sortie de mission devrait être mieux conçue et plus utile. Il devait plutôt nous faire le bilan de son magistère, ses performances et autres réalisations matérielles et immatérielles comparativement à la situation de référence qu’il avait trouvée au moment de sa prise de fonction. Quelles sont les stratégies adoptées pour l’exploration et l’exploitation des gisements et blocs récupérés sans quoi toutes les projections et perspectives de croissance adossées à ces actifs seront des chimères au grand dam des sénégalais.
Et en fin quelle sera la contribution réelle de Petrosen dans le financement de l‘économie nationale d’ici à six mois c’est-à-dire juste après l’apurement de ses dettes comme il l’avait annoncée. D’ailleurs une menace de rétrogradation plane actuellement sur ce secteur.
Le peuple sénégalais, sa jeunesse désemparée, ses femmes qui bravent le froid et/ou la chaleur de 04h du matin à 19h, ses agriculteurs, ses commerçants, son patronat, méritent amplement tous les sacrifices de la part de ses élites devant aboutir à l’amélioration de leurs conditions de vie plutôt que les desideratas d’un maestro ou d’un clan.
VIVE LA REPUBLIQUE
VIVE LE SENEGAL
Abdoulaye SECK
Economiste
Titulaire d’un troisième Cycle VFA de Columbia
DESS en Banque, Finance et Gestion des Risques de Paris 13
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