Esclavage transatlantique : Diomaye Faye plaide pour une résolution onusienne au service de la justice
Le chef de l'État sénégalais était à Accra pour une conférence de haut niveau centrée sur la mise en œuvre d'une résolution historique des Nations Unies reconnaissant les crimes de la traite négrière.

Bassirou Diomaye Faye a pris part, dans la capitale ghanéenne, à une conférence consultative réunissant des chefs d'État et de gouvernement autour d'un enjeu majeur : traduire en actes concrets la résolution 80/250 de l'Assemblée générale des Nations Unies, adoptée en reconnaissance des souffrances causées par la traite transatlantique des esclaves. Devant ses pairs, le président sénégalais a défendu l'idée que ce texte onusien doit devenir un instrument effectif de justice et de dignité pour les peuples africains et leurs descendants.
La résolution 80/250 marque une étape dans la reconnaissance internationale d'un crime historique dont l'Afrique subsaharienne a payé le prix le plus lourd. Pendant plusieurs siècles, des millions d'Africains ont été arrachés à leur continent, déportés et réduits en esclavage à travers l'Atlantique. Les séquelles économiques, sociales et culturelles de cette déportation massive continuent d'alimenter des débats sur la réparation et la responsabilité des anciennes puissances coloniales et esclavagistes.
Pour le Sénégal, dont l'île de Gorée figure parmi les lieux de mémoire les plus emblématiques de la traite atlantique, cette question revêt une dimension particulière. Ce site, classé au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, concentre chaque année des milliers de visiteurs venus du monde entier, notamment des diasporas africaines-américaines et caribéennes en quête de leurs racines. L'engagement de Dakar sur ce dossier s'inscrit donc dans une continuité historique et mémorielle profonde.
Le choix d'Accra comme lieu de cette rencontre n'est pas anodin. Le Ghana, qui a lui-même lancé en 2019 l'initiative «Year of Return» pour inviter les descendants d'esclaves à renouer avec le continent africain, s'est positionné depuis plusieurs années comme un acteur central de la réflexion sur la mémoire et la réconciliation atlantique. Cette conférence s'inscrit dans cette dynamique continentale qui cherche à faire de la reconnaissance historique un socle pour des revendications politiques et économiques concrètes.
La conférence d'Accra illustre une tendance de fond : les États africains s'organisent de plus en plus collectivement pour peser sur les négociations internationales liées aux réparations et à la justice mémorielle. La résolution onusienne, jusqu'ici perçue comme symbolique, pourrait devenir le point de départ d'un processus plus structuré, à condition que les pays concernés parviennent à s'accorder sur des mécanismes précis et contraignants.
Les prochaines étapes de la mise en oeuvre de cette résolution seront scrutées de près, alors que la pression des sociétés civiles africaines et des diasporas pour des actes tangibles ne cesse de croître.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


