Football sénégalais : un journaliste exige la dissolution de la FSF et interpelle Diomaye
La Fédération sénégalaise de football se retrouve au coeur d'une controverse publique, après l'appel lancé par un journaliste sportif au président de la République pour qu'il intervienne directement dans sa gestion.

Invité de l'émission Radio Foot Internationale sur RFI, le journaliste sportif Yoro Mangara a demandé au chef de l'État Bassirou Diomaye Faye de prendre des mesures radicales contre la Fédération sénégalaise de football, pouvant aller jusqu'à sa dissolution pure et simple. Une sortie qui illustre la profondeur du malaise qui règne autour de l'instance dirigeante du football national.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la FSF fait face à des critiques récurrentes sur sa gouvernance. Depuis plusieurs années, la fédération est régulièrement pointée du doigt pour ses dysfonctionnements internes, ses difficultés à organiser les compétitions locales et la gestion opaque de ses ressources. Si l'équipe nationale des Lions de la Téranga rayonne sur le continent et dans le monde, la situation du football de base sénégalais, elle, peine à susciter le même enthousiasme.
L'appel à une intervention présidentielle directe soulève une question de fond : jusqu'où l'État peut-il, ou doit-il, s'immiscer dans la gestion d'une fédération sportive ? La réglementation de la FIFA est à cet égard très stricte. Toute ingérence gouvernementale dans les affaires d'une fédération nationale expose le pays concerné à de lourdes sanctions, dont la suspension de toutes ses équipes des compétitions internationales. Ce paradoxe place le chef de l'État dans une position délicate, entre pression de l'opinion publique et contraintes institutionnelles du football mondial.
Sur le continent africain, plusieurs pays ont traversé des crises similaires. Des fédérations ont été dissoutes ou suspendues, parfois sous pression des pouvoirs publics, entraînant des conséquences désastreuses pour leurs sélections nationales. Le Sénégal, champion d'Afrique en titre depuis 2022, ne peut se permettre de voir ses Lions exclus des prochaines échéances continentales et mondiales pour des raisons administratives ou politiques.
La balle est désormais dans le camp du chef de l'État. Bassirou Diomaye Faye, qui a fait de la bonne gouvernance l'un des piliers de son projet politique, devra trouver une réponse qui satisfasse l'exigence de transparence sans exposer le football sénégalais à des sanctions internationales.
La prochaine sortie officielle de la FSF ou de la présidence de la République permettra de mesurer si cet appel, aussi retentissant soit-il, aura eu un quelconque écho dans les sphères du pouvoir.
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