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Gouvernement Al Amine I : cent organisations féminines montent au créneau contre la parité bafouée

La balle est désormais dans le camp du président Faye ; sa réponse à cette interpellation collective dira beaucoup sur la place réelle que le régime entend accorder aux femmes dans la construction du Sénégal nouveau qu'il appelle de ses vœux.

Gouvernement Sonko II : cent organisations féminines montent au créneau contre la parité bafouée
Gouvernement Sonko II : cent organisations féminines montent au créneau contre la parité bafouée — Photo : A l'Heure / À l'Heure
Société

Après la formation du nouveau gouvernement, un collectif de cent organisations issues de la société civile et des mouvements de femmes a publiquement interpellé le président Bassirou Diomaye Faye sur le faible nombre de femmes nommées aux postes ministériels. Une prise de position collective qui remet la question de la représentation féminine au cœur du débat politique sénégalais.

Dans une déclaration rendue publique le 4 juin, ce large collectif a exprimé sa préoccupation face à la composition du nouveau gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Les signataires estiment que les femmes y sont insuffisamment représentées, en contradiction flagrante avec les engagements pris par les nouvelles autorités en matière d'inclusion et d'équité. Sans mâcher leurs mots, ces organisations ont adressé un appel direct au chef de l'État pour que des mesures correctives soient envisagées.

Cette interpellation s'inscrit dans une longue histoire de lutte pour la parité au Sénégal. Le pays s'était pourtant distingué sur le continent en adoptant, en 2010, la loi sur la parité absolue dans les assemblées élues et les instances nommées. Cette législation avait été saluée comme un modèle pour l'Afrique de l'Ouest, permettant notamment d'améliorer sensiblement la présence féminine à l'Assemblée nationale. Mais son application au sein des gouvernements successifs a toujours été irrégulière, oscillant selon les priorités politiques du moment.

L'enjeu dépasse la simple arithmétique des portefeuilles ministériels. La présence des femmes dans les sphères de décision conditionne directement l'orientation des politiques publiques dans des domaines aussi essentiels que la santé, l'éducation, l'agriculture ou la protection sociale. Des secteurs où les femmes sénégalaises représentent pourtant une force productive et sociale majeure. En Afrique subsaharienne, plusieurs pays comme le Rwanda ou l'Afrique du Sud ont démontré qu'une meilleure représentation féminine au gouvernement produisait des effets concrets sur la qualité des décisions et la cohésion sociale.

Pour le collectif signataire, l'arrivée au pouvoir du tandem Faye-Sonko, porté par un discours de rupture et de renouveau, rendait d'autant plus attendue une évolution significative sur ce terrain. Le contraste entre les promesses de changement et la réalité de la composition gouvernementale est perçu par ces organisations comme un signal préoccupant, susceptible d'éroder la confiance des femmes envers les nouvelles autorités.

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