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IA mondiale : le Sénégal réclame sa part à la table des décisions

La première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle s’est ouverte lundi à Genève sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, réunissant

IA mondiale : le Sénégal réclame sa part à la table des décisions
IA mondiale : le Sénégal réclame sa part à la table des décisions — Photo : A l'heure / À l'Heure
Monde

Le débat international sur la régulation de l'intelligence artificielle s'est officiellement ouvert à Genève, avec pour la première fois un cadre onusien dédié. Le Sénégal y a porté une voix claire : les pays du Sud doivent être associés non seulement aux règles, mais aussi aux ressources.

C'est dans la ville suisse, siège de nombreuses institutions multilatérales, que l'ONU a convoqué la première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle. Autour de la table : des États membres, des entreprises technologiques, des chercheurs et des représentants de la société civile. L'objectif affiché est de poser les bases d'un cadre commun pour encadrer le développement et l'usage de l'IA à l'échelle planétaire.

Dans ce concert de nations, le Sénégal a fait entendre une position ferme. La délégation dakaroise a plaidé pour un accès équitable aux technologies d'intelligence artificielle et pour un partage réel des capacités, qu'il s'agisse de formation, d'infrastructures ou de transferts de compétences. Le message est sans détour : une gouvernance mondiale de l'IA qui se construirait sans l'Afrique, ou contre ses intérêts, ne saurait prétendre à l'universalité.

La démarche s'inscrit dans une histoire longue. Depuis les premières négociations sur le numérique au sein de l'Union internationale des télécommunications jusqu'aux débats sur la fracture numérique au Sommet mondial sur la société de l'information, les pays africains ont régulièrement dénoncé leur marginalisation dans les décisions technologiques mondiales. L'IA, perçue comme la prochaine vague de transformation économique et sociale majeure, ravive ces mêmes tensions entre Nord et Sud.

Les enjeux pour le continent sont concrets. L'IA peut accélérer des solutions dans des domaines aussi vitaux que l'agriculture, la santé ou l'éducation, secteurs dans lesquels l'Afrique subsaharienne accumule des déficits considérables. Mais si les algorithmes sont conçus ailleurs, entraînés sur des données qui ignorent les réalités locales et déployés sans accompagnement, le risque est de reproduire les dépendances technologiques que le continent tente précisément de surmonter.

Le forum de Genève n'est qu'une étape dans un processus qui s'annonce long et disputé ; les grandes puissances technologiques, États-Unis, Chine, Union européenne, défendent chacune leur vision de la régulation, avec des intérêts économiques considérables en jeu. La capacité des pays africains à peser collectivement dans ces négociations dépendra en grande partie de leur aptitude à parler d'une seule voix, un défi que l'Union africaine tente d'adresser à travers sa propre stratégie continentale sur l'IA.

Les prochaines sessions du dialogue onusien seront décisives pour savoir si les appels à l'équité portés par Dakar et ses partenaires africains trouveront un écho dans les textes fondateurs qui régiront demain l'intelligence artificielle à l'échelle mondiale.

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