L'AES change de chef militaire : Makan Alassane Diarra prend les rênes de la Force unifiée
La prise de fonction du général Diarra sera l'occasion de mesurer si la Force unifiée de l'AES est en mesure de passer du symbole politique à l'efficacité opérationnelle sur un terrain où chaque mois apporte son lot de pertes civiles et militaires.

Le général de brigade malien Makan Alassane Diarra vient d'être officiellement nommé à la tête de la Force unifiée de l'Alliance des États du Sahel, par décret du président de la Transition malienne. Une décision qui intervient dans un contexte sécuritaire toujours sous haute tension au Sahel.
C'est par un acte officiel signé du général d'armée Assimi Goïta que le changement a été acté. Makan Alassane Diarra succède ainsi à son compatriote le général Daouda Traoré, qui occupait jusqu'ici ce poste de commandement stratégique. Cette passation de pouvoir au sein de l'organe militaire de l'AES illustre la volonté des États membres de structurer et de consolider leur coopération défensive en dehors des cadres traditionnels hérités de l'ère coloniale.
L'Alliance des États du Sahel regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays qui ont chacun connu des transitions militaires entre 2020 et 2023. Face à une menace jihadiste persistante et à la rupture consommée avec la France et les dispositifs sécuritaires occidentaux, ces trois États ont choisi de mutualiser leurs forces armées au sein d'une structure commune. La Force unifiée est l'instrument militaire concret de cette ambition, censée coordonner les opérations sur le terrain et renforcer la résilience de l'ensemble du bloc.
La nomination d'un général malien à la tête de cet organe commun n'est pas anodine. Le Mali, pays le plus peuplé et historiquement le plus actif dans la lutte antijihadiste au sein de l'espace sahélien, revendique naturellement un rôle moteur au sein de l'alliance. Cette continuité dans le commandement, assurée par un autre officier malien, traduit une certaine stabilité institutionnelle que l'AES cherche à afficher, même si les défis opérationnels restent immenses.
Pour les pays voisins comme le Sénégal, qui partage une frontière avec le Mali et qui fait face à des dynamiques sécuritaires préoccupantes dans sa région sud-est, la structuration de cette force régionale est un signal à suivre de près. Une AES militairement cohérente peut contribuer à contenir la progression des groupes armés vers les côtes atlantiques ; elle peut aussi redessiner les équilibres diplomatiques et sécuritaires dans toute l'Afrique de l'Ouest, au détriment des architectures existantes comme le G5 Sahel ou les dispositifs onusiens.
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