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La dernière escale de la tournée africaine du président français l'a conduit à Addis-Abeba, où il a réaffirmé son soutien à Abiy Ahmed.

# Macron en Éthiopie : l'amitié avec Abiy Ahmed pèse plus que le sang versé au Tigré

La dernière escale de la tournée africaine du président français l'a conduit à Addis-Abeba, où il a réaffirmé son soutien à Abiy Ahmed. Un choix qui interpelle, au regard des crimes documentés durant la guerre du Tigré.
La dernière escale de la tournée africaine du président français l'a conduit à Addis-Abeba, où il a réaffirmé son soutien à Abiy Ahmed. Un choix qui interpelle, au regard des crimes documentés durant la guerre du Tigré. — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Long formatAfrique

Emmanuel Macron a bouclé sa tournée africaine par une visite en Éthiopie, choisissant de placer Addis-Abeba en conclusion de son périple sur le continent. Ce n'est pas un hasard géographique. Entre le président français et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, la relation dépasse le cadre protocolaire habituel. Macron a une fois de plus fait le déplacement pour afficher publiquement cette proximité, au grand dam des organisations de défense des droits humains.

Car le nom d'Abiy Ahmed reste indissociable du Tigré. Entre 2020 et 2022, cette région du nord de l'Éthiopie a été le théâtre d'un conflit d'une brutalité extrême, opposant les forces fédérales éthiopiennes aux combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Des massacres de civils, des viols utilisés comme arme de guerre, des famines induites par des blocus : les rapports d'enquêteurs internationaux, d'ONG et même d'instances onusiennes ont documenté des violations graves du droit international humanitaire, imputées à plusieurs parties au conflit, y compris aux forces gouvernementales et à leurs alliés érythréens. Abiy Ahmed, pourtant auréolé du prix Nobel de la paix en 2019, a dû répondre de ces accusations devant l'opinion mondiale.

Malgré ce contexte, Paris a maintenu le cap. La France, comme d'autres puissances occidentales, a fait le choix du pragmatisme : l'Éthiopie est la deuxième nation la plus peuplée d'Afrique, un poids lourd diplomatique au sein de l'Union africaine dont le siège se trouve précisément à Addis-Abeba. Ignorer Abiy Ahmed reviendrait, selon cette logique, à se couper d'un acteur incontournable de la géopolitique continentale. Un calcul froid, mais assumé.

Cette visite intervient dans un moment particulier pour la diplomatie française en Afrique. Après des années de recul accéléré Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'Ouest Paris cherche à redessiner ses partenariats sur le continent. Le Sénégal lui-même illustre cette recomposition : depuis l'arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, le ton vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale s'est durci, et la présence militaire française a pris fin. Dans ce contexte, l'Éthiopie représente pour Macron l'un des rares points d'appui encore solides sur le continent.

Mais l'image que renvoie cette diplomatie sélective ne passe pas inaperçue en Afrique. Beaucoup observateurs du continent y lisent une constante : les principes de démocratie et de droits humains que la France brandit dans d'autres contextes semblent s'effacer dès lors que des intérêts stratégiques entrent en jeu. La mémoire du Tigré est encore vive dans les cercles panafricanistes, qui rappellent que des centaines de milliers de personnes auraient péri dans ce conflit [À confirmer pour le bilan précis], et que la communauté internationale, dans son ensemble, a tardé à réagir avec la fermeté qu'elle réserve à d'autres crises.

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L'accord de paix signé à Pretoria en novembre 2022 sous l'égide de l'Union africaine a officiellement mis fin aux hostilités au Tigré, mais la reconstruction reste un chantier immense et la justice pour les victimes, une promesse encore lointaine — un dossier que cette visite de Macron à Addis-Abeba n'a visiblement pas mis au premier plan.

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