Mademba Gueye refuse la présidence de l'ASPI au nom de ses valeurs
Un cadre sénégalais a publiquement renoncé à une nomination prestigieuse, préférant ses convictions personnelles à une fonction dans un organisme public stratégique.

Mademba Gueye a annoncé sur sa page Facebook avoir refusé la proposition qui lui était faite d'occuper la présidence du Conseil de surveillance de l'Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l'innovation technologique, plus connue sous le sigle ASPI. Dans son message, il a tenu à remercier les autorités pour leur confiance tout en justifiant son refus par ses convictions et ses principes personnels.
Ce geste peu ordinaire dans le paysage institutionnel sénégalais mérite attention. Les nominations aux organes de gouvernance des agences publiques sont généralement perçues comme des marques de distinction que peu de candidats déclinent. Elles s'accompagnent d'une visibilité institutionnelle et d'une influence sur des secteurs jugés prioritaires pour le développement du pays. Renoncer volontairement à une telle opportunité constitue donc un acte suffisamment rare pour susciter des interrogations sur les motivations profondes de son auteur.
L'ASPI est l'institution chargée de protéger et de valoriser la propriété industrielle au Sénégal, un domaine au coeur des ambitions de diversification économique et d'innovation technologique portées par les pouvoirs publics. Son Conseil de surveillance joue un rôle de contrôle et d'orientation stratégique, ce qui en fait un poste d'influence dans un secteur en plein essor sur le continent africain, où la question de la protection des innovations locales face aux géants technologiques mondiaux est de plus en plus pressante.
La décision de Mademba Gueye rappelle une tendance croissante chez certaines personnalités africaines à s'affranchir publiquement de logiques clientélistes ou de compromis perçus comme contraires à leur intégrité. Sans que les détails de ses réserves aient été explicités dans sa publication, le simple fait de rendre publique une telle décision porte un message politique et moral en soi, dans un contexte où la société civile et les citoyens réclament davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques.
La suite de cette affaire dira si ce refus, assumé avec clarté, ouvre un débat plus large sur les conditions dans lesquelles sont proposées ces nominations et sur les critères qui président au choix des personnalités appelées à siéger dans les instances de gouvernance des agences de l'État.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


