Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Ministère des Sports : entre attentes et prudence après la nomination de Djirèye Clotilde Coly

La nomination de Djirèye Clotilde Coly à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports suscite de nombreuses réactions dans le milieu sportif sénégalais. Si son profil de technocrate est largement salué, plusieurs observateurs estiment qu’elle devra rapidement démontrer sa capacité à relever les nombreux défis qui l’attendent.

— Photo : La Rédaction / À l'Heure
Sport

Ministère des Sports : entre attentes et prudence après la nomination de Djirèye Clotilde Coly

La nomination de Djirèye Clotilde Coly à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports suscite de nombreuses réactions dans le milieu sportif sénégalais. Si son profil de technocrate est largement salué, plusieurs observateurs estiment qu’elle devra rapidement démontrer sa capacité à relever les nombreux défis qui l’attendent.

Pour le journaliste sportif, enseignant-chercheur et ancien chargé de communication du ministère des Sports, Mbaye Jacques Diop, la nouvelle ministre dispose d’atouts solides pour réussir sa mission.

« Madame Djirèye Clotilde Coly présente davantage un profil de technocrate que de politicienne. Experte-comptable inscrite à l’ONECCA, elle totalise près de vingt ans d’expérience dans les domaines de la finance, de l’audit et de la gouvernance. C’est une femme de rigueur, de chiffres et de procédures », souligne-t-il.

Selon lui, son passage à la direction de l’Emploi lui a permis d’acquérir une bonne maîtrise des rouages de l’administration sénégalaise, un avantage non négligeable pour piloter un département aussi stratégique.

Cependant, Mbaye Jacques Diop rappelle que la nouvelle ministre hérite de dossiers particulièrement sensibles dès son entrée en fonction.

« La Coupe du monde débute dans quelques jours. Il y a également la situation contractuelle du sélectionneur Pape Bouna Thiaw qui doit être clarifiée. Ensuite, les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 approchent à grands pas », explique-t-il.

À ces échéances majeures s’ajoutent plusieurs chantiers structurels, notamment l’amélioration des infrastructures sportives, le renforcement de la gouvernance des fédérations et le financement du sport de masse.

Pour l’analyste, la réussite de la nouvelle ministre dépendra largement de sa capacité à s’entourer des compétences adéquates.

« Si elle met en place un cabinet performant et s’appuie sur les techniciens du ministère, le CNOSS ainsi que les fédérations sportives, elle pourra accomplir de grandes choses. Sa première mission sera d’aller à la rencontre des acteurs et de rétablir un climat de confiance dans l’espace sportif », estime-t-il.

De son côté, le journaliste sportif Mor Bassine Niang reconnaît avoir été surpris par cette nomination.

« Je m’attendais à voir d’autres profils occuper ce poste. Mais en me renseignant davantage sur son parcours, j’ai découvert une experte-comptable qui a également exercé les fonctions de directrice de l’Emploi », confie-t-il.

Pour lui, le dialogue et l’écoute devront constituer les piliers de son action.

« Elle prend les commandes d’un ministère qui regorge de cadres compétents et expérimentés. Elle devra faire preuve d’ouverture et s’appuyer sur ses collaborateurs afin d’éviter certaines erreurs qui avaient été reprochées à sa prédécesseure », souligne-t-il.

Mor Bassine Niang insiste également sur l’importance des nombreuses échéances sportives à venir, notamment la Coupe du monde 2026, les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les éliminatoires de la CAN et les qualifications pour la Coupe du monde de basketball.

« La concertation sera indispensable pour assurer une gestion efficace de ces différents dossiers », affirme-t-il.

Au-delà des compétitions, le journaliste estime que le sport doit être davantage considéré comme un levier stratégique pour le rayonnement international du Sénégal.

« Le sport est aujourd’hui un puissant outil de diplomatie et de développement économique. La nouvelle ministre devra travailler à renforcer le soft power sportif du Sénégal et à poser les bases d’une véritable industrie du sport », plaide-t-il.

Il appelle également à une meilleure implication des médias sportifs dans les réflexions sur l’avenir du secteur.

« L’Association nationale de la presse sportive joue un rôle essentiel dans la promotion et le développement du sport sénégalais. Elle mérite d’être davantage associée aux discussions et aux projets structurants », soutient-il.

Malgré leurs analyses différentes, les deux observateurs convergent sur un point : la réussite de Djirèye Clotilde Coly dépendra de sa capacité à instaurer un dialogue constructif avec l’ensemble des acteurs du mouvement sportif, à s’appuyer sur l’expertise disponible et à apporter des réponses concrètes aux nombreux défis qui l’attendent.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Ministère des Sports : entre attentes et prudence après la nomination de Djirèye Clotilde Coly | À l'Heure