Mondial 2026 : le désordre organisationnel dénoncé en interne dans la tanière
Il reste au Sénégal une dernière rencontre pour sauver l'honneur et peut-être amorcer une réflexion profonde sur les conditions dans lesquelles ses Lions abordent les grandes compétitions.

Éliminés de la course avant même le dernier match de poule, les Lions du Sénégal font face à une tempête qui dépasse le seul cadre sportif. Derrière les deux défaites consécutives se dessine un tableau accablant de dysfonctionnements au sein de la délégation nationale.
À quarante-huit heures de la rencontre face à l'Irak, qui ne sera plus qu'un match de principe sans enjeu classificatoire, les coulisses de l'équipe nationale sénégalaise sont décrites comme profondément agitées. Le journaliste Yoor-Yoor Bi a publié un long texte sur les réseaux sociaux dans lequel il pointe ce qu'il qualifie de «footoir» organisationnel autour des Lions. Le terme, aussi imagé qu'évocateur, résume une situation de désordre généralisé qui aurait fragilisé la préparation et la cohésion du groupe bien avant le coup d'envoi du tournoi.
Cette sortie médiatique tombe au plus mauvais moment pour une sélection attendue avec espoir sur la scène internationale. Le Sénégal avait abordé ce Mondial 2026 avec le statut de référence footballistique du continent africain, fort de son titre de champion d'Afrique et de son expérience accumulée lors des précédentes campagnes mondiales. La génération actuelle, héritière du sacre de 2021 à la Coupe d'Afrique des Nations, portait les ambitions d'un tout jeune pays décidé à confirmer sa place parmi les grandes nations du football mondial.
Les critiques visant l'organisation de la délégation sénégalaise ne sont pas nouvelles. À chaque grande compétition, des voix s'élèvent pour dénoncer des problèmes logistiques, des tensions internes ou une gestion approximative du groupe. Ce qui change cette fois, c'est la gravité du contexte sportif : deux défaites en autant de matchs placent le Sénégal dans une position d'élimination quasi certaine, ce qui amplifie chaque révélation et donne une résonance particulière aux accusations portées publiquement.
Pour le football africain dans son ensemble, ce type de situation est douloureux à observer. Alors que l'Afrique réclame plus de respect et de représentation dans les instances du football mondial, des campagnes mondiales gâchées par des désordres internes alimentent les sceptiques. Le continent a déjà vécu des épisodes similaires lors de précédentes Coupes du monde, avec des sélections dont les performances sur le terrain étaient sabordées par des conflits de primes, des querelles de direction ou une logistique défaillante. Le Sénégal, souvent présenté comme un modèle de gouvernance footballistique sur le continent, n'échappe pas cette fois à ces travers.
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