Nairobi : le marché de Gikomba ravagé par les flammes, des milliers de vendeurs à terre
Un violent incendie a détruit une grande partie du marché de Gikomba, à Nairobi, dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 juin 2026. Des milliers de commerçants se retrouvent du jour au lendemain sans outil de travail ni source de revenus.

Le feu s'est propagé à travers les étals et les entrepôts de ce marché emblématique de la capitale kényane, réputé pour être le plus grand espace de vente de vêtements d'occasion en plein air de Nairobi. L'ampleur des dégâts est considérable, même si les autorités n'ont pas encore établi les causes précises du sinistre. L'enquête reste ouverte.
Gikomba n'est pas un marché ordinaire. Depuis des décennies, il constitue le poumon économique de tout un quartier populaire de Nairobi, où se croisent petits revendeurs, grossistes et acheteurs venus de tout le Kenya, voire des pays voisins. Les vêtements de seconde main qui y transitent proviennent majoritairement d'Europe et d'Amérique du Nord, avant d'être triés, revendus et redistribués à travers toute l'Afrique de l'Est. Un sinistre de cette envergure frappe donc bien au-delà du seul Kenya.
Ce type de commerce, connu sous diverses appellations selon les pays, occupe une place centrale dans l'économie informelle du continent. Au Sénégal, les marchés comme Colobane à Dakar fonctionnent sur un modèle comparable : des milliers de familles vivent de la revente de vêtements importés, souvent appelés «friperie» ou «okass» en wolof. La destruction d'un site majeur dans un pays africain rappelle à quel point ces espaces, bien que peu encadrés, sont indispensables à des pans entiers de la population.
L'incendie de Gikomba n'est malheureusement pas un fait isolé. Le marché a déjà subi plusieurs sinistres par le passé, chaque fois avec des conséquences lourdes pour les commerçants les plus vulnérables, ceux qui n'ont ni assurance ni filet de sécurité. La récurrence de ces drames soulève des questions persistantes sur la prévention des risques, l'aménagement des marchés informels et la protection des petits acteurs économiques urbains en Afrique.
Les autorités kényanes et les organisations de commerçants sont désormais attendues sur le terrain pour évaluer l'étendue réelle des pertes et envisager des mesures d'urgence. La question de la reconstruction et du soutien aux sinistrés sera au coeur des prochains jours.
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