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Pluies diluviennes à Dakar : l'UCAD paie un lourd tribut aux intempéries

Les averses torrentielles qui se sont déversées sur la capitale sénégalaise ont semé la désolation dans plusieurs quartiers de Dakar. Le campus de l'Université Cheikh Anta Diop figure parmi les zones les plus touchées, avec des dégâts considérables.

Pluies diluviennes à Dakar : l'UCAD paie un lourd tribut aux intempéries
Pluies diluviennes à Dakar : l'UCAD paie un lourd tribut aux intempéries — Photo : A l'heure / À l'Heure
Société

Le campus universitaire de Dakar, poumon intellectuel du Sénégal et vitrine de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest, a subi de plein fouet la violence des dernières précipitations. Plusieurs arbres centenaires, dont les racines plongeaient dans l'histoire même de cet établissement fondé en 1957, ont été arrachés du sol sous la pression des vents et de l'eau. Ces géants végétaux, qui ombrageaient les allées fréquentées quotidiennement par des milliers d'étudiants et d'enseignants, gisent désormais à terre.

Au-delà du symbole, les dommages enregistrés sur le campus témoignent d'une vulnérabilité structurelle qui dépasse le seul cadre de l'UCAD. Dakar, ville côtière construite sur une presqu'île aux sols par endroits sableux et peu drainants, souffre depuis des décennies d'une imperméabilisation croissante de ses surfaces. L'urbanisation galopante réduit les espaces verts et aggrave le ruissellement des eaux pluviales, rendant chaque hivernage potentiellement dévastateur.

Le phénomène n'est pas nouveau. Chaque saison des pluies, entre juin et octobre, Dakar fait face à des inondations récurrentes qui paralysent certains quartiers, endommagent les infrastructures et fragilisent les conditions de vie de nombreuses familles. Les banlieues comme Pikine ou Guédiawaye sont traditionnellement les plus exposées, mais les épisodes récents montrent que le centre-ville et les institutions n'échappent plus à la règle.

La perte d'arbres centenaires dans un espace universitaire représente également un appauvrissement du patrimoine naturel et mémoriel. Ces végétaux constituaient une part du microclimat du campus, contribuant à atténuer la chaleur urbaine dans une ville où les températures ne cessent de grimper. Leur disparition pose avec acuité la question de la reforestation urbaine et de la résilience des espaces publics face aux aléas climatiques, un enjeu que partagent la plupart des grandes métropoles africaines.

La récurrence et l'intensité croissante de ces épisodes pluvieux invitent les autorités sénégalaises à accélérer les politiques d'adaptation, qu'il s'agisse de la gestion des eaux de pluie, de la protection du patrimoine arboricole ou de la mise aux normes des infrastructures universitaires et urbaines.

L'ampleur exacte des dégâts sur l'ensemble du campus reste à évaluer, et les prochains jours diront si des mesures d'urgence seront engagées pour sécuriser les lieux et permettre la poursuite normale des activités académiques.

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