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PRES de Sonko : le premier trimestre accuse un sérieux retard sur les objectifs

Les prochains rapports trimestriels seront scrutés de près pour déterminer si le gouvernement parvient à redresser la trajectoire ou si les premières difficultés du PRES annoncent des ajustements plus profonds du plan.

PRES de Sonko : le premier trimestre accuse un sérieux retard sur les objectifs
PRES de Sonko : le premier trimestre accuse un sérieux retard sur les objectifs — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Le Plan de redressement économique et social (PRES) porté par le Premier ministre Ousmane Sonko bute sur ses premières épreuves chiffrées. Le rapport d'exécution budgétaire du premier trimestre 2026 révèle un taux de réalisation de 57,2 %, bien en deçà des cibles initiales.

Le PRES avait été présenté comme la feuille de route économique de la rupture promise par l'alliance Pastef au pouvoir depuis mars 2024. Conçu pour corriger les déséquilibres hérités des années précédentes et relancer une économie sous pression, ce plan concentrait de nombreuses attentes, aussi bien de la part des populations que des partenaires techniques et financiers du Sénégal. Un taux de réalisation à 57,2 % au terme du premier trimestre de sa mise en œuvre constitue donc un signal d'alarme difficile à minimiser.

Deux facteurs principaux expliquent ce décrochage entre les ambitions affichées et les résultats obtenus. D'un côté, des obstacles opérationnels freinent la mise en oeuvre concrète des projets inscrits dans le plan ; de l'autre, les nouvelles mesures fiscales introduites par le gouvernement peinent à produire les recettes escomptées dans les délais prévus. Ce double blocage illustre une difficulté classique dans la gestion des plans de relance africains : le fossé entre la conception des réformes et leur traduction effective sur le terrain.

Le contexte régional apporte un éclairage supplémentaire. Plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest ont, ces dernières années, expérimenté des plans similaires, souvent confrontés aux mêmes écueils : lenteurs administratives, faible capacité d'absorption des financements et résistances institutionnelles aux réformes fiscales. Le Sénégal ne fait pas exception, malgré la volonté politique affichée par les nouvelles autorités. La crédibilité du PRES se joue désormais sur sa capacité à corriger ces écarts dans les trimestres à venir.

Pour le gouvernement, l'enjeu est double. Il s'agit d'abord de rassurer les bailleurs de fonds et investisseurs qui conditionnent leurs engagements à la discipline budgétaire et à la réalisation des réformes annoncées. Il s'agit ensuite de maintenir la confiance des citoyens, qui attendent des effets concrets sur leur quotidien, notamment en matière d'emploi, de coût de la vie et d'accès aux services de base. Un retard persistant dans l'exécution du plan risquerait d'alimenter la défiance envers un pouvoir qui a fondé son identité politique sur la promesse d'une gestion publique plus efficace et plus transparente.

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