Réforme constitutionnelle : Aar Sunu Constitution dit non à toute modification imposée
La plateforme citoyenne « Aar Sunu Constitution » monte au créneau contre tout projet de révision unilatérale de la Constitution sénégalaise, réclamant un processus ouvert, concerté et respectueux de la volonté populaire.

Face aux intentions prêtées à la majorité au pouvoir de modifier la Loi fondamentale, le collectif « Aar Sunu Constitution » a haussé le ton. Le groupement, qui fédère plusieurs organisations de la société civile, dénonce une démarche jugée opaque et conduite dans la précipitation, sans les garanties démocratiques qu'une telle procédure exige. Pour ses membres, toucher à la Constitution ne peut se faire par simple décision d'une majorité parlementaire, sans consultation préalable des citoyens.
La Constitution sénégalaise n'en est pas à sa première épreuve. Depuis l'indépendance en 1960, le texte fondamental a connu plusieurs révisions, parfois controversées. Chacune a alimenté un débat récurrent au Sénégal : jusqu'où un gouvernement peut-il remodeler les règles du jeu politique sans trahir l'esprit du contrat social qui lie l'État à ses citoyens ? La question est d'autant plus sensible dans un pays qui se présente volontiers comme un modèle de stabilité démocratique sur le continent.
L'enjeu dépasse le simple cadre juridique. Réviser une constitution sans consensus est perçu par de nombreux acteurs comme un précédent dangereux, susceptible de fragiliser les équilibres institutionnels durement construits. « Aar Sunu Constitution », dont le nom signifie « Protéger notre Constitution » en wolof, revendique précisément ce rôle de vigie citoyenne. Le collectif exige qu'aucune modification substantielle ne soit engagée sans un dialogue national inclusif et, si nécessaire, une consultation populaire directe.
Cette résistance citoyenne s'inscrit dans une tendance plus large observée à travers l'Afrique de l'Ouest. Dans plusieurs pays de la région, des tentatives de révision constitutionnelle, parfois perçues comme des manœuvres visant à prolonger ou consolider un pouvoir en place, ont déclenché de vives mobilisations. Les sociétés civiles y jouent un rôle croissant de contre-pouvoir, comblant souvent un vide là où les oppositions parlementaires peinent à s'imposer.
Au Sénégal, le débat intervient dans un contexte politique particulièrement chargé, marqué par l'alternance récente et les attentes fortes exprimées par une population, notamment jeune, en quête de rupture avec les pratiques passées. Toute réforme institutionnelle porte donc une charge symbolique considérable ; elle est scrutée à l'aune des promesses formulées et des engagements pris devant les électeurs.
La prochaine étape sera déterminante : la manière dont les autorités répondront aux exigences de la plateforme dira beaucoup sur la conception du dialogue démocratique que le pouvoir entend incarner.
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