Régulation des télécommunications : quand la transparence devient une rupture politique
Le gouvernement sénégalais a ouvert un appel à candidatures pour la direction générale de l'ARTP, une démarche saluée par des responsables proches du pouvoir comme un signal fort en faveur de la méritocratie.

Le poste de Directeur général de l'Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) est désormais ouvert à candidatures, sur décision du président de la République Bassirou Diomaye Faye. Cette procédure, inhabituelle dans un pays où les nominations à la tête des grandes institutions publiques relevaient traditionnellement du seul arbitrage politique, a suscité des réactions favorables au sein de la mouvance présidentielle.
Parmi les voix qui ont tenu à saluer publiquement cette initiative figure celle de Lassana Gagny Sakho, président du Conseil d'administration de l'Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX) et cadre du parti Pastef. Dans une prise de position diffusée sur les réseaux sociaux, il a exprimé son approbation de la démarche, y voyant une illustration concrète du changement de méthode prôné par le nouveau régime depuis son accession au pouvoir en mars 2024.
L'ARTP est un organe stratégique, chargé de réguler un secteur des télécommunications en pleine expansion. Au Sénégal, ce marché regroupe plusieurs opérateurs majeurs et représente des flux financiers considérables. La désignation de son directeur général a, par le passé, souvent été perçue comme un levier d'influence politique, ce qui rendait l'institution vulnérable aux pressions partisanes et fragilisait son rôle d'arbitre indépendant entre l'État, les opérateurs et les consommateurs.
La procédure d'appel à candidatures tranche avec les pratiques héritées des régimes précédents. En ouvrant le recrutement à des profils issus de la société civile, du secteur privé ou de l'administration, le gouvernement envoie un message sur sa volonté de professionnaliser la gouvernance des institutions de régulation. Plusieurs pays africains, dont le Ghana et le Rwanda, ont adopté des mécanismes similaires pour renforcer la crédibilité de leurs autorités de régulation sectorielle, avec des résultats jugés globalement positifs par les observateurs du continent.
L'enjeu dépasse la simple nomination d'un technocrate. Une ARTP indépendante et compétente peut jouer un rôle décisif dans l'encadrement des tarifs, la qualité de service, le déploiement de la fibre optique et la protection des données des utilisateurs, autant de chantiers qui conditionnent la transformation numérique du Sénégal.
La liste des candidats retenus et le profil du futur directeur général permettront de mesurer si cette procédure ouverte tient ses promesses ou reste, dans les faits, une formalité habillée de transparence.
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