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Révision constitutionnelle : Diomaye Président choisit le référendum plutôt que la voie parlementaire

Le président Bassirou Diomaye Faye a tranché : c'est par référendum que la révision de la Constitution sera soumise aux Sénégalais, et non par la voie parlementaire que défendaient les députés de Pastef.

Révision constitutionnelle : Diomaye Président choisit le référendum plutôt que la voie parlementaire
Révision constitutionnelle : Diomaye Président choisit le référendum plutôt que la voie parlementaire — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Le président Bassirou Diomaye Faye a tranché : c'est par référendum que sera soumise la révision de la Constitution, et non par une proposition de loi émanant des députés de Pastef. L'annonce a été faite par Dr Aminata Touré, superviseure de la coalition Diomaye Président, lors d'une conférence de presse tenue dimanche.

Ce choix présidentiel marque une rupture nette avec la démarche initialement envisagée par le groupe parlementaire du parti au pouvoir. Les députés de Pastef avaient en effet porté une proposition de loi constitutionnelle, voie qui aurait permis de faire passer les réformes par l'Assemblée nationale, sans consultation populaire directe. Le chef de l'État a écarté cette option au profit d'un référendum, mécanisme qui soumet directement la question aux citoyens.

Ce n'est pas la première fois que le Sénégal recourt au référendum pour modifier sa loi fondamentale. Le pays a une longue tradition de consultations populaires sur des questions constitutionnelles majeures. En 2016, sous le président Macky Sall, un référendum avait conduit à plusieurs réformes, dont la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans et l'inscription de la limitation des mandats dans la Constitution. Cette voie est donc perçue, dans la culture politique sénégalaise, comme celle qui confère la plus grande légitimité aux transformations institutionnelles.

Sur le fond, la révision constitutionnelle envisagée s'inscrit dans le projet politique de Pastef et du tandem Diomaye-Sonko, qui a fait de la rupture institutionnelle l'un de ses axes centraux depuis l'opposition. Passer par un référendum plutôt que par le Parlement, où Pastef dispose d'une majorité confortable, constitue un signal fort : le pouvoir souhaite ancrer ses réformes dans une adhésion populaire directe, et non dans un simple rapport de force parlementaire.

Cette décision n'est pas sans enjeux. Un référendum expose le président à une épreuve de vérité face aux Sénégalais, à un moment où la gestion des premières années du mandat commence à être scrutée. Le contexte africain offre d'ailleurs des enseignements contrastés : si certains chefs d'État ont utilisé le référendum pour consolider leur pouvoir, d'autres l'ont vu se retourner contre eux, le vote populaire devenant un verdict sur l'ensemble de leur action.

La date du référendum, les contours précis des réformes envisagées et le calendrier de la procédure restent à préciser ; les prochaines semaines s'annoncent décisives pour mesurer la capacité du pouvoir à mobiliser les Sénégalais autour de ce projet constitutionnel.

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