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Révision constitutionnelle : la CAPE2D veut des réformes sans sacrifier la démocratie

La question d'une éventuelle révision de la Constitution du Sénégal agite la classe politique et la société civile. Face à cette effervescence, une organisation patriotique appelle au calme, au dialogue et au respect des fondements républicains.

Révision constitutionnelle : la CAPE2D veut des réformes sans sacrifier la démocratie
Révision constitutionnelle : la CAPE2D veut des réformes sans sacrifier la démocratie — Photo : / À l'Heure
Société

Amadou Sidibé, président de la Convergence Africaine Patriotique pour l'Éthique, la Démocratie et le Développement, plus connue sous le sigle CAPE2D et le label «Les Missionnaires», a pris position publiquement sur le sujet. Sans s'opposer frontalement à l'idée d'une réforme, il invite les acteurs politiques à placer la responsabilité collective au-dessus des intérêts partisans et à ne pas fragiliser les acquis démocratiques du pays.

Le Sénégal dispose d'une Constitution adoptée en 2001, sous la présidence d'Abdoulaye Wade, elle-même fruit d'une longue tradition constitutionnelle héritée de l'indépendance de 1960. Depuis lors, le texte fondamental a connu plusieurs modifications, parfois contestées. La révision de 2016, soumise à référendum sous Macky Sall, avait notamment limité le mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans, une mesure saluée comme un verrou démocratique essentiel. Toute tentative de toucher à nouveau à la loi fondamentale est donc perçue avec méfiance par une partie de la population et de l'opposition.

L'enjeu dépasse les frontières sénégalaises. Sur le continent africain, les révisions constitutionnelles ont souvent servi de levier pour prolonger des mandats ou consolider des pouvoirs exécutifs. Des expériences comme celles de la Côte d'Ivoire, de la Guinée ou du Togo ont alimenté une défiance durable à l'égard de ce type de réformes. Dans ce contexte, la vigilance exprimée par des organisations comme la CAPE2D reflète une conscience collective africaine forgée par des précédents douloureux.

Au Sénégal, pays régulièrement cité comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique de l'Ouest, la sensibilité autour de toute modification des règles du jeu politique est particulièrement vive. L'alternance réussie de mars 2024, qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence, a ravivé les espoirs d'un renouveau républicain. Dans ce contexte, toute réforme constitutionnelle portée par le nouvel exécutif sera scrutée avec une attention redoublée par la société civile, les partis d'opposition et les partenaires internationaux.

La CAPE2D ne ferme pas la porte au débat, mais pose une condition : que la démarche soit inclusive, transparente et respectueuse des équilibres institutionnels qui font la force du modèle sénégalais.

Les prochaines semaines diront si le gouvernement entend formaliser ce projet de révision et, le cas échéant, selon quelle procédure, référendum ou vote parlementaire, il choisira de le soumettre au peuple sénégalais.

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