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Révision constitutionnelle : Me Doudou Ndoye rappelle le président à ses obligations

La décision que prendra le président de la République dans les jours à venir dira beaucoup sur l'état réel des équilibres institutionnels au Sénégal.

Révision constitutionnelle : Me Doudou Ndoye rappelle le président à ses obligations
Révision constitutionnelle : Me Doudou Ndoye rappelle le président à ses obligations — Photo : A l'heure / À l'Heure
Politique

L'adoption par l'Assemblée nationale d'une proposition de révision constitutionnelle place le chef de l'État dans une position délicate. Pour l'ancien ministre de la Justice Me Doudou Ndoye, le silence du président de la République n'est plus tenable sur le plan juridique.

Interpellé sur les suites à donner au vote des députés, Me Doudou Ndoye a été clair : une fois qu'une proposition de révision constitutionnelle est adoptée par l'Assemblée nationale, le président de la République est tenu de se prononcer. Ce n'est pas une faculté laissée à son appréciation, c'est une exigence que lui impose la Constitution. L'ancien garde des Sceaux, figure respectée du barreau sénégalais, rappelle ainsi que la loi fondamentale fixe un cadre précis auquel nul, pas même le chef de l'État, ne peut se soustraire.

Au Sénégal, la révision de la Constitution est une procédure encadrée qui implique plusieurs acteurs institutionnels. Le Parlement peut prendre l'initiative d'une telle révision, mais c'est le président de la République qui dispose in fine d'un rôle central dans le processus. Cette articulation entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif est au cœur des équilibres instaurés par la Constitution sénégalaise. Lorsque les députés franchissent le pas du vote, la balle revient nécessairement dans le camp du chef de l'État.

L'enjeu dépasse la simple question de procédure. En rappelant publiquement cette obligation constitutionnelle, Me Doudou Ndoye pointe une responsabilité qui engage l'ensemble de l'architecture institutionnelle du pays. Un silence prolongé ou une absence de réponse formelle du président pourrait être perçu comme une forme de blocage du processus démocratique, ce qui nourrirait les tensions entre l'exécutif et une Assemblée nationale qui a affirmé sa volonté de réformer le cadre constitutionnel.

Cette situation illustre une réalité que connaissent plusieurs démocraties africaines : la cohabitation ou la coexistence de forces politiques aux ambitions divergentes met à l'épreuve les mécanismes constitutionnels. Dans ces contextes, le droit constitutionnel devient un terrain d'affrontement autant que de régulation. Le Sénégal, souvent cité comme un exemple de stabilité institutionnelle sur le continent, est ainsi amené à démontrer que ses institutions peuvent fonctionner même sous pression.

La prise de position de Me Doudou Ndoye rappelle l'importance du rôle des juristes et des anciens responsables dans l'animation du débat public sur les questions constitutionnelles. Leur voix, nourrie d'expérience et de connaissance du droit, contribue à baliser un débat qui, sans repères clairs, risquerait de se réduire à un simple bras de fer politique.

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