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Saint-Louis et ses hydrocarbures : 39,6 milliards de recettes confirment l'essor extractif

La région de Saint-Louis confirme son poids croissant dans le secteur extractif sénégalais. Selon le Rapport ITIE 2024 présenté mercredi lors d’un Comité régional de développement

Saint-Louis et ses hydrocarbures : 39,6 milliards de recettes confirment l'essor extractif
Saint-Louis et ses hydrocarbures : 39,6 milliards de recettes confirment l'essor extractif — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Économie

La région de Saint-Louis s'impose désormais comme un pilier incontournable de l'économie extractive sénégalaise. Les chiffres du Rapport ITIE 2024 en attestent : les activités pétrolières et gazières y ont généré 39,6 milliards de francs CFA de recettes.

C'est lors d'un Comité régional de développement (CRD) tenu mercredi que ces données ont été rendues publiques. La présentation du Rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives, dite ITIE, a permis de mesurer concrètement le poids que représente désormais la région nord du Sénégal dans la nouvelle cartographie énergétique du pays. Un poids qui s'est considérablement alourdi depuis que les découvertes d'hydrocarbures offshore ont placé Saint-Louis au coeur des ambitions pétrolières et gazières nationales.

Le Sénégal a entamé sa transition vers le statut de pays producteur d'hydrocarbures après les grandes découvertes réalisées à partir de 2014 dans les blocs offshore situés au large de ses côtes nord, à la frontière maritime avec la Mauritanie. Le champ gazier Grand Tortue Ahmeyim, exploité en commun avec le pays voisin, et le champ pétrolier de Sangomar constituent les deux piliers de cette nouvelle ère. Saint-Louis, porte d'entrée géographique de cette façade maritime, concentre naturellement une part significative des flux économiques liés à ces projets.

La publication de ces données dans le cadre du processus ITIE revêt une importance particulière. Ce mécanisme international de transparence, auquel le Sénégal adhère depuis plusieurs années, impose aux États membres de rendre publics les flux financiers entre les compagnies extractives et les gouvernements. L'objectif est de lutter contre l'opacité qui a longtemps caractérisé la gestion des ressources naturelles en Afrique, nourrissant corruption et détournements au détriment des populations locales.

L'enjeu de la redistribution territoriale de ces recettes reste central. Si les milliards générés à Saint-Louis alimentent les caisses de l'État central, la question de la part qui revient effectivement aux communautés locales, aux infrastructures régionales et au développement endogène de la zone nord demeure posée. Plusieurs pays africains producteurs de pétrole, du Nigeria au Gabon, ont vu leurs régions extractives accumuler les richesses souterraines sans en tirer un développement proportionnel.

La dynamique enclenchée à Saint-Louis s'inscrit dans un contexte national plus large où le gouvernement sénégalais affiche une volonté de maximiser la part de la rente pétrolière et gazière restant dans le pays. Les 39,6 milliards de recettes régionales constituent un baromètre utile pour évaluer, dans les prochains exercices, si cette ambition se traduit en retombées tangibles pour les habitants du delta du fleuve Sénégal. Le prochain rapport ITIE sera ainsi attendu avec une attention particulière par les acteurs locaux et les observateurs du secteur.

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