Soudan : des drones sèment la mort au Kordofan, 70 civils tués en deux jours
Les attaques, menées vendredi et samedi sur un des fronts les plus violents de la guerre, ont fait 57 morts vendredi et 10 morts samedi, ont annoncé, dimanche, une ONG et un respon

Deux frappes de drones consécutives ont endeuillé la région soudanaise du Kordofan vendredi et samedi, faisant près de soixante-dix morts selon une organisation humanitaire et un responsable local. Ces attaques illustrent une nouvelle fois la brutalité d'un conflit qui dévore le pays depuis plus de deux ans.
Les bilans, communiqués dimanche, font état de 57 victimes lors de la première frappe survenue vendredi, puis de 10 autres tuées lors d'une seconde attaque le lendemain. Le Kordofan, vaste région du centre du Soudan, est devenu l'un des épicentres les plus meurtriers de la guerre qui oppose, depuis avril 2023, les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide, une milice paramilitaire issue des anciens Janjawid du Darfour.
Ce conflit a plongé le Soudan dans la pire crise humanitaire du monde, selon plusieurs agences onusiennes. Des millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays ou ont fui vers les États voisins : le Tchad, l'Égypte, l'Éthiopie ou le Soudan du Sud. Les infrastructures sanitaires, scolaires et agricoles ont été massivement détruites, privant des populations entières de soins, de nourriture et d'eau potable.
L'usage de drones armés dans ce conflit marque une évolution inquiétante des méthodes de guerre sur le continent africain. Ces engins, peu coûteux et difficiles à intercepter, sont désormais utilisés dans plusieurs théâtres d'opérations africains, de la Libye au Sahel. Leur emploi au Soudan contre des zones habitées soulève des questions graves sur le respect du droit international humanitaire et la protection des populations civiles.
Pour le Sénégal et ses partenaires de l'Union africaine, la situation soudanaise constitue un signal d'alarme. Dakar, qui a toujours défendu une vision panafricaine de la paix et de la sécurité, est directement concerné par l'instabilité chronique du continent. Les flux migratoires, les réseaux de trafic d'armes et la déstabilisation régionale qui découlent de tels conflits finissent par toucher l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, même les pays géographiquement éloignés du front.
La communauté internationale et l'Union africaine, jusqu'ici incapables d'imposer un cessez-le-feu durable au Soudan, sont attendues sur leurs actes face à des massacres qui se répètent semaine après semaine ; la question est désormais de savoir si une médiation crédible peut encore émerger avant que le pays ne sombre définitivement dans le chaos.
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