Thiès : un centre de traitement des déchets à Thiènaba pour tourner le dos aux dépotoirs sauvages
La prochaine étape sera de voir si les travaux s'engagent dans les délais annoncés, un défi récurrent pour les projets d'assainissement en Afrique de l'Ouest, souvent ralentis par des contraintes foncières, administratives ou budgétaires.

Le Programme de modernisation de la gestion des déchets au Sénégal prépare l'installation d'un centre intégré de valorisation à Thiènaba, dans le département de Thiès. L'objectif est clair : mettre fin, progressivement, aux dépotoirs à ciel ouvert qui défigurent la région.
Le PROMOGED a officialisé son intention de doter le département de Thiès d'une infrastructure moderne de traitement des ordures ménagères. Le site retenu se trouve à Thiènaba, localité du département, où sera construit un centre intégré de valorisation des déchets destiné à desservir plusieurs communes. Ce modèle de gestion intercommunale permettrait à des collectivités locales aux ressources limitées de mutualiser leurs efforts pour traiter un problème qui dépasse largement leurs capacités individuelles.
Le projet est financé conjointement par l'État sénégalais et des partenaires bailleurs de fonds. Cette combinaison de financements publics et extérieurs est caractéristique des grands projets d'infrastructures environnementales en Afrique subsaharienne, où les budgets municipaux peinent souvent à absorber seuls le coût de tels équipements. Le PROMOGED, structure rattachée au ministère chargé de l'Assainissement, pilote depuis plusieurs années la politique nationale de modernisation du secteur des déchets, avec des interventions déjà engagées dans d'autres régions du pays.
La région de Thiès concentre une population importante et une activité économique soutenue, ce qui génère des volumes de déchets difficiles à gérer avec les moyens actuels. Les dépotoirs sauvages y sont une réalité quotidienne : ils souillent les quartiers périphériques, polluent les nappes phréatiques et constituent un risque sanitaire documenté. Dans un contexte d'urbanisation rapide, l'absence d'infrastructures adaptées aggrave chaque année la situation dans les villes secondaires du Sénégal, souvent oubliées des grands investissements qui se concentrent sur Dakar.
La notion de «centre intégré de valorisation» mérite d'être soulignée. Elle renvoie à une approche qui ne se limite pas à enfouir ou brûler les ordures, mais qui intègre le tri, le recyclage et la transformation de certains déchets en ressources utilisables, notamment du compost ou de l'énergie. Ce modèle, encore peu répandu au Sénégal à l'échelle régionale, est pourtant présenté depuis plusieurs années comme la voie à suivre par les acteurs du secteur, aussi bien au niveau national qu'à l'échelle continentale.
La réussite du projet de Thiènaba dépendra en grande partie de la capacité à y associer durablement les communes concernées, les populations riveraines et les acteurs informels de la filière des déchets, notamment les récupérateurs, dont le rôle est central dans le circuit actuel de tri.
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