Un homme de 24 ans déféré au parquet pour attouchements sur une fillette de 3 ans à Wakhinane-Nimzatt
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Un habitant du quartier du marché Ndiarème a été présenté ce lundi au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, soupçonné d'avoir commis des attouchements sur une enfant de 3 ans dans un bâtiment en construction. Sa défense, fondée sur la prétendue provocation de la victime, a suscité une vive indignation.
Mamadou Camara, 24 ans, a été surpris par des jeunes du quartier de Wakhinane-Nimzatt alors qu'il se trouvait avec une fillette de 3 ans à l'intérieur d'un immeuble inachevé situé aux abords du marché Ndiarème. Les riverains sont intervenus à temps et ont interpellé le mis en cause avant de le remettre aux autorités. Il a été déféré ce lundi au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, juridiction compétente pour cette zone de la banlieue dakaroise.
Face aux accusations d'attouchements sur mineure, Mamadou Camara a avancé une justification qui a choqué : selon lui, c'est l'enfant qui l'aurait provoqué. Un argument proprement inadmissible au regard du droit sénégalais, qui protège les mineurs contre toute forme d'abus sexuel, et plus encore lorsque la victime est un enfant en bas âge, incapable par définition de consentement ou d'initiative de nature sexuelle.
Les violences sexuelles sur enfants constituent un fléau persistant au Sénégal. Le pays s'est doté d'un arsenal juridique pour y répondre, notamment à travers le Code pénal qui réprime les atteintes sexuelles sur mineurs. Pourtant, les associations de défense des droits de l'enfant dénoncent régulièrement l'insuffisance des condamnations prononcées, ainsi que la lenteur des procédures judiciaires. La banlieue dakaroise, densément peuplée et marquée par une forte précarité sociale, concentre une part significative des signalements.
Au-delà du cadre sénégalais, ce type d'affaire illustre une réalité que partagent de nombreux pays africains : la difficile protection des enfants dans des espaces urbains où la surveillance communautaire demeure le premier rempart face aux prédateurs. À Wakhinane-Nimzatt, c'est précisément la vigilance des jeunes du quartier qui a permis d'éviter le pire. Ce réflexe collectif de protection, ancré dans les valeurs du «ngor» et de la solidarité communautaire, constitue souvent le seul filet de sécurité réel pour les enfants les plus vulnérables.
La défense du mis en cause, qui tente de retourner la responsabilité contre une fillette de 3 ans, est aussi révélatrice d'une culture persistante du déni et de la minimisation des violences faites aux enfants. Les spécialistes de la protection de l'enfance alertent depuis des années sur la nécessité de changer les mentalités, de former les acteurs judiciaires et de garantir un suivi psychologique aux victimes, trop souvent laissées sans accompagnement après le traumatisme.
L'affaire est désormais entre les mains du parquet de Pikine-Guédiawaye ; la suite de la procédure dira si la justice sénégalaise répond à la hauteur de la gravité des faits reprochés.
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