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Reug Reug accusé d'avoir utilisé des chatons vivants lors d'un combat de lutte

La balle est dans le camp des institutions : leur réaction, ou leur silence, dira beaucoup sur la volonté réelle du Sénégal de faire évoluer ses pratiques sportives et culturelles dans le respect de la loi.

Un lutteur accusé d'avoir utilisé des chatons vivants lors d'un combat de lutte
Un lutteur accusé d'avoir utilisé des chatons vivants lors d'un combat de lutte — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Sénégal

Lors du combat entre Boy Niang et Reug Reug, l'Association pour la Défense des Espèces Sauvages a publiquement dénoncé le recours à des chatons à des fins mystiques. L'affaire provoque un vif émoi et relance le débat sur le traitement des animaux dans l'arène sénégalaise.

Le fait s'est produit en marge du duel très attendu entre Boy Niang, pensionnaire de l'écurie de Pikine, et Oumar Kane dit Reug Reug, de l'écurie de Thiaroye, combat organisé par le promoteur Makane Mbengue. C'est à cette occasion que des chatons auraient été utilisés comme support de rituels mystiques par le camp de Reug Reug. L'Association pour la Défense des Espèces Sauvages, connue sous le sigle ADES, a aussitôt réagi en interpellant les autorités compétentes.

La lutte sénégalaise est indissociable de ses pratiques rituelles. Depuis des générations, les lutteurs et leurs marabouts recourent à des préparations, des grigris et diverses formes de protection spirituelle avant d'entrer dans l'arène. Ces pratiques, profondément enracinées dans la culture wolof et dans les traditions des différentes communautés du pays, font partie intégrante du spectacle et sont généralement acceptées par le public. Cependant, l'utilisation d'animaux vivants dans ces rituels représente une ligne que la loi sénégalaise, comme les conventions internationales sur la protection animale, ne permet pas de franchir impunément.

L'ADES dénonce ici non seulement une atteinte au bien-être animal, mais aussi une infraction potentielle aux dispositions légales en vigueur. Au Sénégal, la protection des animaux est encadrée par des textes qui, s'ils restent insuffisamment appliqués, n'en existent pas moins. Des organisations similaires à travers l'Afrique de l'Ouest ont régulièrement alerté sur l'utilisation d'animaux dans des pratiques occultes, notamment lors de grands événements sportifs ou culturels, soulignant la difficulté à faire respecter ces normes face au poids des croyances traditionnelles.

L'affaire pose une question délicate : comment concilier le respect des traditions culturelles et spirituelles avec les obligations légales de protection animale ? La lutte sénégalaise, sport national par excellence, attire des millions de téléspectateurs et des sponsors importants. Elle est aussi une vitrine du Sénégal à l'international. Les dérives de ce type, lorsqu'elles sont médiatisées, exposent l'image de la discipline à des critiques qui dépassent les frontières du pays.

Les autorités sénégalaises, notamment le Comité national de gestion de la lutte et les services vétérinaires de l'État, sont désormais attendues sur ce dossier. L'ADES exige des réponses concrètes et des sanctions adaptées pour que de tels actes ne se reproduisent plus dans l'enceinte des combats.

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