Une chercheuse de l'Ucad primée pour ses travaux sur l'alimentation au Sénégal
Cette consécration ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour la jeune chercheuse et, plus largement, pour les équipes scientifiques de l'Ucad qui travaillent sur des problématiques directement liées aux conditions de vie des Sénégalais.

Le Sénégal scientifique s'illustre encore. Dr Sokhna Ndao Diao, ingénieure au Laboratoire de chimie analytique de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontologie de l'Ucad, vient de décrocher le Prix des Meilleures Thèses 2026 de l'Académie nationale, récompensant des recherches centrées sur ce que mangent les Sénégalais.
Cette distinction consacre plusieurs années de travail scientifique mené au sein de l'une des plus anciennes et des plus réputées universités d'Afrique de l'Ouest. Fondée en 1957 et baptisée en l'honneur du célèbre égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop, l'Ucad reste à ce jour un pôle de référence pour la recherche sur le continent. Le prix obtenu par Dr Ndao Diao s'inscrit dans cette tradition d'excellence portée par l'institution dakaroise.
Ce qui rend ce travail particulièrement précieux, c'est son ancrage dans le quotidien des populations. La chimie analytique appliquée à l'alimentation permet de mesurer avec précision la composition des aliments consommés, de détecter d'éventuelles substances indésirables et d'évaluer la valeur nutritionnelle des plats courants. Dans un pays où le thiéboudienne, le mafé ou le yassa structurent profondément les habitudes alimentaires, disposer de données scientifiques fiables sur ces aliments représente un enjeu de santé publique concret.
La question alimentaire est loin d'être anodine au Sénégal. Entre la montée des maladies chroniques liées à l'alimentation, les transformations rapides des habitudes de consommation en milieu urbain et les défis persistants de malnutrition dans certaines zones rurales, les décideurs publics manquent souvent de données locales solides pour orienter leurs politiques. Les recherches produites dans des laboratoires comme celui de la FMPO ont donc une utilité directe, bien au-delà du cercle académique.
À l'échelle africaine, la valorisation des travaux scientifiques portant sur les réalités locales reste encore trop rare. Les chercheurs du continent sont souvent contraints de s'inscrire dans des agendas définis ailleurs pour accéder aux financements et à la reconnaissance internationale. Le prix décerné à Dr Sokhna Ndao Diao par une académie nationale envoie un signal différent ; il affirme que la science africaine peut se mesurer à elle-même, selon ses propres critères de pertinence.
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