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À Thiès, la science sénégalaise revendique son indépendance

La cinquième édition du Symposium ENSA-EPT a ouvert ses portes jeudi 18 juin à Thiès, avec pour ambition de replacer la recherche scientifique au cœur des stratégies de développement durable du Sénégal.

À Thiès, la science sénégalaise revendique son indépendance
À Thiès, la science sénégalaise revendique son indépendance — Photo : A l'heure / À l'Heure
Société

C'est sous le signe de la souveraineté que s'est tenue cette nouvelle rencontre entre les deux institutions académiques thiéssoises. Présidant la cérémonie d'ouverture, le ministre délégué chargé de l'Élevage, Me Ousmane Diagne, a mis en avant le rôle déterminant que doivent jouer les sciences et les technologies dans la construction d'un développement ancré dans les réalités africaines. Son message central : le Sénégal ne peut se contenter d'importer des solutions produites ailleurs ; il doit forger les siennes.

Ce symposium annuel réunit l'École Nationale Supérieure d'Agriculture de Thiès et l'École Polytechnique de Thiès, deux établissements publics qui forment une large part des ingénieurs et techniciens supérieurs du pays. Depuis sa première édition, cette rencontre s'est imposée comme un espace de dialogue entre chercheurs, enseignants et décideurs autour des défis scientifiques et technologiques auxquels le Sénégal fait face. Le choix du thème retenu cette année, «Sciences et technologies au service du développement durable», s'inscrit dans une dynamique continentale plus large, portée notamment par l'Agenda 2063 de l'Union africaine.

L'enjeu de la souveraineté scientifique n'est pas nouveau sur le continent, mais il prend une acuité particulière dans un contexte où plusieurs pays africains revisitent leurs partenariats avec les puissances étrangères, y compris dans le domaine de la recherche et de l'enseignement supérieur. Pour le Sénégal, qui dispose d'un tissu universitaire relativement dense, la question est moins celle des capacités humaines que celle des moyens alloués à la recherche et de la connexion entre les laboratoires et les besoins réels des populations.

Les secteurs de l'agriculture, de l'élevage, de l'énergie et de la gestion des ressources naturelles concentrent une grande partie des attentes. Dans un pays où l'économie repose encore largement sur des activités primaires et où les effets du dérèglement climatique se font chaque année plus visibles, la production locale de connaissances appliquées n'est plus un luxe intellectuel ; c'est une nécessité stratégique. Les deux établissements organisateurs sont directement concernés par ces filières, ce qui donne à ce symposium une portée concrète au-delà du seul exercice académique.

Les travaux engagés lors de cette édition devraient déboucher sur des recommandations adressées aux pouvoirs publics, à un moment où le gouvernement cherche à articuler ses politiques sectorielles avec les objectifs de durabilité affichés dans le cadre de l'Agenda national Sénégal 2050.

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