Abass Fall dans le viseur : un ex-allié lui demande de « se taire et raser les murs »
La réplique d'Abass Fall à ces attaques pourrait déterminer sa capacité à s'imposer durablement dans le paysage politique dakarois, à l'heure où les prochaines échéances électorales se profilent déjà à l'horizon.

Le maire de Dakar, Abass Fall, fait face à une attaque frontale venue de ses propres rangs. Aldiouma Sow, figure politique proche de la mouvance au pouvoir, a dressé un réquisitoire sévère contre l'édile de la capitale, remettant en cause sa légitimité et ses capacités à conduire la ville.
Dans une déclaration remarquée, Aldiouma Sow a exhorté Abass Fall à la discrétion, estimant que les circonstances de son accession à la tête de la mairie de Dakar ne lui confèrent pas la stature nécessaire pour s'exprimer publiquement avec autorité. Sans mâcher ses mots, il a qualifié les sorties du maire de « cirque politique », signifiant ainsi son mépris pour ce qu'il considère comme une posture sans substance.
Cette passe d'armes intervient dans un contexte politique particulièrement agité au Sénégal. Depuis l'alternance de mars 2024 et l'arrivée de Bassirou Diomaye Faye à la présidence, les lignes bougent au sein de l'ancienne coalition Yewwi Askan Wi, dont Abass Fall était l'une des figures de proue. Élu à la mairie de Dakar dans le sillage de cette dynamique d'opposition, le maire se retrouve aujourd'hui dans une position délicate, certains de ses pairs contestant la solidité de son assise politique.
La rivalité entre acteurs d'une même famille politique n'est pas un phénomène nouveau au Sénégal. L'histoire politique du pays est jalonnée de fractures internes survenues dès l'accès au pouvoir ou aux responsabilités locales. De Dakar à Saint-Louis, la gestion des grandes villes a souvent cristallisé les tensions entre ambitions personnelles et cohérences collectives. La mairie de Dakar, en raison de son poids symbolique et de ses ressources, demeure l'un des postes les plus convoités et les plus exposés aux turbulences politiques.
Au-delà du règlement de comptes apparent, cette controverse soulève une question de fond : quel profil et quelle légitimité sont attendus pour diriger la capitale d'un pays en pleine recomposition politique ? La gestion d'une ville comme Dakar, confrontée à des défis immenses en matière d'assainissement, de mobilité urbaine et d'accès aux services de base, exige une crédibilité technique et politique que les querelles internes fragilisent davantage qu'elles ne renforcent.
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