Course à l'ONU : l'Ouganda entre en scène et complique la donne pour Macky Sall
La candidature d'un prétendant ougandais au poste de Secrétaire général des Nations Unies rebat les cartes sur le continent africain, où l'ancien président sénégalais Macky Sall occupait jusqu'ici seul le terrain.

La surprise est venue d'Afrique de l'Est. L'Ouganda a présenté un nouveau candidat à la succession d'António Guterres à la tête de l'Organisation des Nations Unies, bousculant un équilibre qui semblait se dessiner en faveur du Sénégal. Ce mouvement intervient au lendemain de l'audition de Macky Sall devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le 23 juillet, où l'ancien chef d'État sénégalais s'était présenté face aux autres candidats dans une session de près d'une heure et demie. Sa prestation avait été jugée convaincante par les observateurs.
Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, s'était positionné comme le seul représentant africain dans cette compétition diplomatique de haute volée. Sa candidature portait une ambition continentale claire : ramener le siège de la plus haute fonction onusienne en Afrique, un continent qui n'a jamais occupé ce poste depuis la création de l'ONU en 1945. L'Afrique représente pourtant plus d'un cinquième des États membres de l'organisation et nourrit depuis longtemps la revendication d'une place plus juste dans la gouvernance mondiale.
L'entrée en lice de l'Ouganda fragmentera inévitablement le soutien africain, dans une course où l'unité du bloc continental constitue un atout décisif. Les candidatures africaines multiples ont historiquement affaibli les chances du continent lors des grandes élections internationales, faute d'un front commun. La question de la coordination entre États membres de l'Union africaine se pose donc avec acuité, d'autant que le processus de sélection du prochain Secrétaire général s'intensifie à mesure que l'échéance approche.
Parmi les autres candidats déjà connus figure Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, ce qui illustre le niveau d'expérience et la diversité géographique du champ des prétendants. Face à cette concurrence internationale, la diplomatie sénégalaise devra redoubler d'efforts pour consolider les soutiens acquis et en rallier de nouveaux, notamment parmi les pays du Sud global traditionnellement proches de Dakar.
Le calendrier des prochaines semaines sera déterminant pour clarifier le rapport de forces entre candidats et mesurer la capacité de l'Afrique à parler d'une seule voix dans ce dossier stratégique.
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