Diabète au Sénégal : les ruptures de Lantus et d'Abasaglar alarment les malades
Les autorités sanitaires sénégalaises et la Direction de la Pharmacie et du Médicament seront attendues sur des réponses concrètes pour sécuriser l'accès à ces traitements vitaux et éviter que cette pénurie ne s'installe durablement.

Deux insulines essentielles à la prise en charge du diabète, le Lantus et l'Abasaglar, sont régulièrement introuvables dans plusieurs pharmacies sénégalaises. Une situation qui fragilise davantage des patients déjà vulnérables face à une maladie chronique exigeante.
Depuis plusieurs mois, les patients diabétiques sénégalais font face à des difficultés croissantes pour s'approvisionner en insuline basale. Le Lantus et l'Abasaglar, deux médicaments de référence dans le traitement du diabète, connaissent des ruptures répétées. Le Dr Thierno Dièye, pharmacien, a tiré la sonnette d'alarme sur cette réalité qui s'impose désormais au quotidien dans de nombreuses officines du pays.
Le Lantus, produit par le laboratoire Sanofi, et l'Abasaglar, son équivalent biosimilaire commercialisé par Eli Lilly, sont des insulines dites «lentes» ou «basales». Elles permettent de réguler la glycémie sur une longue durée et constituent un pilier du traitement pour de nombreux diabétiques de type 1 et certains diabétiques de type 2. Leur absence prolongée expose les patients à des déséquilibres glycémiques pouvant entraîner des complications graves, voire des hospitalisations d'urgence.
Le Sénégal, comme la plupart des pays africains, dépend largement des importations pour couvrir ses besoins en médicaments. Cette dépendance structurelle rend l'approvisionnement en produits spécialisés, dont les insulines, particulièrement sensible aux aléas des circuits internationaux de distribution. Les difficultés logistiques, les fluctuations des devises et les tensions sur les marchés mondiaux du médicament se répercutent directement sur la disponibilité des traitements dans les pharmacies locales.
Le diabète représente un défi sanitaire majeur en Afrique subsaharienne. La Fédération internationale du diabète estimait, bien avant la dernière décennie, que le continent africain comptait parmi les régions où la maladie progressait le plus rapidement, avec un taux élevé de cas non diagnostiqués. Au Sénégal, les associations de patients et les professionnels de santé alertent régulièrement sur le coût élevé des traitements et sur la fragilité des circuits d'approvisionnement. Les ruptures de stock en insuline ne sont donc pas un phénomène nouveau, mais leur récurrence témoigne d'une vulnérabilité persistante du système de santé.
Face à ce constat, la question de la souveraineté pharmaceutique revient avec insistance. Plusieurs initiatives africaines, dont le projet de fabrication locale de médicaments porté par l'Union africaine, visent à réduire cette dépendance aux importations. Pour l'heure, les patients sénégalais concernés se retrouvent contraints de multiplier les démarches pour trouver leur traitement, parfois auprès de plusieurs officines, sans garantie de succès.
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