Diphtérie à Kédougou : 4 morts et 30 cas confirmés, la région sous haute vigilance
L’épidémie de diphtérie qui frappe la région de Kédougou depuis août compte désormais 30 cas confirmés et 4 décès, selon le directeur régional de la santé, Dr Niène Seck. Le distri

Depuis le mois d'août, la région de Kédougou fait face à une épidémie de diphtérie qui a déjà coûté la vie à quatre personnes. Malgré une campagne de vaccination ayant touché 3 000 enfants, les autorités sanitaires maintiennent une surveillance étroite.
Le bilan officiel fait état de trente cas confirmés et de quatre décès depuis le déclenchement de l'épidémie. Le district sanitaire de Kédougou enregistre la grande majorité des cas, avec vingt personnes atteintes. Celui de Saraya en recense huit, mais aucun nouveau cas n'y a été signalé depuis deux semaines, ce qui constitue un signe encourageant. C'est le directeur régional de la santé, Dr Niène Seck, qui a communiqué ces données.
La diphtérie est une maladie bactérienne hautement contagieuse qui touche principalement les voies respiratoires. Elle peut provoquer des complications sévères, voire la mort, notamment chez les enfants non vaccinés. Si elle a largement reculé dans le monde grâce à la vaccination systématique, la maladie continue de réapparaître dans des zones où la couverture vaccinale reste insuffisante ou discontinue. En Afrique subsaharienne, les ruptures dans les programmes de vaccination infantile constituent un facteur de vulnérabilité persistant.
Pour faire face à la situation, les équipes de santé ont conduit une campagne de vaccination ciblée auprès de 3 000 enfants dans la région. Cette intervention rapide vise à créer un bouclier immunitaire autour des foyers actifs et à prévenir une extension de l'épidémie vers d'autres localités. La région de Kédougou, enclavée et frontalière avec la Guinée et le Mali, présente des défis logistiques particuliers pour le déploiement des équipes médicales et l'acheminement des vaccins.
L'épidémie intervient dans une région déjà fragilisée par son éloignement des grands centres urbains et par des infrastructures sanitaires limitées. Kédougou, connue pour ses ressources aurifères et son attrait touristique, souffre d'un sous-équipement chronique en matière de santé publique, commun à de nombreuses zones rurales du Sénégal. Ce déséquilibre entre les régions du pays en matière d'accès aux soins reste une problématique centrale pour les autorités sanitaires nationales.
La situation à Kédougou rappelle que des maladies considérées comme maîtrisées peuvent resurgir dès que les filets de protection sanitaire se relâchent. Les semaines à venir seront déterminantes pour savoir si la campagne de vaccination et le renforcement de la surveillance permettront de circonscrire définitivement cette épidémie.
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