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En Afrique du Sud, une mine de platine s'alimente en électricité verte via contrat privé

Les entreprises minières sud-africaines multiplient les contrats privés d’électricité pour réduire leurs coûts et leur empreinte carbone. Cette évolution soutient la croissance de

En Afrique du Sud, une mine de platine s'alimente en électricité verte via contrat privé
En Afrique du Sud, une mine de platine s'alimente en électricité verte via contrat privé — Photo : A l'heure / À l'Heure
Afrique

Le groupe énergétique sud-africain NOA vient de conclure un accord de fourniture d'électricité renouvelable avec une mine de platine, portant sur 288 gigawattheures par an. Une transaction qui illustre la transformation profonde du secteur minier sud-africain face à la crise énergétique.

Le secteur minier sud-africain traverse depuis plusieurs années une période de turbulences sur le plan énergétique. Eskom, le géant public de l'électricité, peine depuis plus d'une décennie à assurer une fourniture stable, contraignant les industriels à subir des délestages à répétition qui plombent leur productivité et renchérissent leurs coûts d'exploitation. Face à cette situation, les grandes entreprises du secteur extractif ont progressivement cherché des alternatives, ouvrant la voie aux contrats privés d'approvisionnement en énergie.

C'est dans ce contexte que NOA, opérateur énergétique sud-africain, a signé cet accord avec une mine de platine pour livrer 288 GWh d'électricité par an. Ce volume représente une quantité considérable, suffisante pour alimenter des centaines de milliers de foyers. La particularité de ce contrat réside dans la nature de l'énergie fournie : renouvelable, agrégée à partir de plusieurs sources, ce qui permet à la mine de réduire à la fois sa facture énergétique et son empreinte carbone.

Ce type d'accord, que les professionnels du secteur désignent sous le nom de contrat d'achat d'énergie ou PPA (Power Purchase Agreement), se multiplie sur le continent. Il met en relation directe un producteur d'énergie et un consommateur industriel, sans passer par le réseau public. Pour des entreprises minières soumises à des exigences croissantes en matière de développement durable, notamment de la part de leurs investisseurs internationaux, l'approvisionnement en énergie propre est devenu un critère de compétitivité à part entière.

La dynamique observée en Afrique du Sud intéresse directement d'autres pays africains engagés dans la valorisation de leurs ressources naturelles. Au Sénégal, où l'exploitation du pétrole et du gaz a démarré, la question de l'énergie industrielle se posera avec une acuité croissante. Des pays comme le Ghana, la Namibie ou le Kenya ont déjà emprunté des chemins similaires, en autorisant les contrats privés d'électricité pour attirer les investissements miniers et industriels. La leçon sud-africaine montre qu'un cadre réglementaire autorisant ces accords de gré à gré stimule l'émergence de nouveaux acteurs énergétiques capables d'innover dans l'agrégation de sources renouvelables.

La montée en puissance de ces fournisseurs privés d'énergie verte dans le secteur minier africain soulève aussi des questions sur l'avenir des compagnies publiques d'électricité, souvent fragilisées, et sur la nécessité de réformes profondes pour qu'elles restent pertinentes dans un paysage énergétique en pleine recomposition.

La trajectoire sud-africaine pourrait ainsi servir de référence pour les décideurs africains qui cherchent à conjuguer développement industriel, sécurité énergétique et transition vers des sources d'énergie moins polluantes, un équilibre que peu de pays ont encore réussi à atteindre de façon durable.

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