Examens nationaux : la COSYDEP tire la sonnette d'alarme après une année scolaire sous tension
À quelques jours du démarrage des examens nationaux, la COSYDEP dresse le bilan de l'année scolaire marquée par 150 heures de grève et appelle à garantir un environnement serein au

Cent cinquante heures de grève au compteur et des milliers de candidats qui s'apprêtent à composer : la Coalition pour la Qualité de l'Éducation et de la Formation tire un bilan sévère de l'année scolaire qui s'achève et exige que les élèves puissent passer leurs épreuves dans des conditions dignes.
À quelques jours du coup d'envoi des examens nationaux, la COSYDEP a pris la parole pour dresser l'état des lieux d'une année scolaire particulièrement agitée. Cent cinquante heures de grève ont rythmé le calendrier pédagogique, plongeant enseignants et apprenants dans une instabilité chronique qui compromet la qualité des apprentissages. L'organisation appelle aujourd'hui les différentes parties prenantes du secteur éducatif à mettre leurs conflits entre parenthèses, le temps que les candidats puissent composer dans la sérénité.
Ce bilan n'est pas une exception dans l'histoire récente du système éducatif sénégalais. Depuis plusieurs années, les fins d'année scolaire se déroulent sous la pression des syndicats d'enseignants, qui dénoncent des conditions de travail difficiles, des retards de paiement et des revendications statutaires non satisfaites. Les grèves à répétition ont fini par s'installer comme un fait structurel, fragilisant un système éducatif déjà mis à rude épreuve par la surcharge des effectifs, le manque d'infrastructures et les inégalités entre zones urbaines et rurales.
La COSYDEP ne se limite pas à l'appel au calme. Elle pointe également les défis de fond qui minent l'école sénégalaise sur le long terme. Derrière la question des examens se cache une réalité plus profonde : des heures de cours perdues qui ne se rattrapent pas, des programmes bâclés et des candidats qui arrivent aux épreuves avec des lacunes accumulées au fil des grèves. Pour une organisation dont la vocation est de surveiller la qualité de l'éducation, ce constat constitue une alerte sérieuse adressée aux autorités.
À l'échelle africaine, le Sénégal n'est pas un cas isolé. De nombreux pays du continent font face à des tensions similaires entre gouvernements et corps enseignant, avec des répercussions directes sur les résultats aux examens nationaux et sur les taux d'abandon scolaire. Ce phénomène interroge la capacité des États à construire des systèmes éducatifs résilients, capables de garantir la continuité pédagogique même en période de conflit social.
Les prochaines semaines seront décisives : la tenue des examens dans de bonnes conditions constituera un premier test, mais le vrai chantier reste celui des réformes structurelles que la COSYDEP et d'autres acteurs de la société civile réclament depuis longtemps.
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