Dakar 28°C · ciel clairE-ISSN 3125-1935
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

L'Afrique accélère dans les renouvelables, mais reste à la traîne mondiale

La trajectoire est tracée, mais le chemin reste long ; la véritable question est désormais de savoir si les engagements pris lors des grandes conférences climatiques se traduiront enfin en investissements concrets sur le terrain africain.

L'Afrique accélère dans les renouvelables, mais reste à la traîne mondiale
L'Afrique accélère dans les renouvelables, mais reste à la traîne mondiale — Photo : A l'heure / À l'Heure
Afrique

Le continent africain a enregistré une progression significative de ses capacités en énergies renouvelables en 2025, selon les données publiées par l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Une dynamique encourageante, qui peine cependant à rivaliser avec le rythme soutenu observé à l'échelle planétaire.

Avec une hausse de près de 16 % de sa puissance installée en renouvelables, l'Afrique confirme une tendance à la hausse amorcée depuis plusieurs années. Ce bond est porté principalement par trois sources d'énergie : l'hydroélectricité, le solaire photovoltaïque et l'éolien. Ces filières concentrent l'essentiel des investissements et des nouveaux projets déployés sur le continent au cours de cette période.

L'hydroélectricité demeure historiquement le pilier de la production renouvelable africaine. Des pays comme l'Éthiopie, la RDC ou le Mozambique disposent d'un potentiel hydraulique considérable, partiellement exploité. Le solaire, lui, monte en puissance dans les zones arides du Sahel et d'Afrique australe, portées par la baisse continue des coûts des panneaux photovoltaïques observée à l'échelle mondiale depuis la dernière décennie. L'éolien, plus concentré dans des pays comme le Maroc, l'Afrique du Sud et l'Égypte, complète ce tableau.

Pour le Sénégal, ce contexte régional fait écho aux ambitions affichées dans le cadre du Plan Sénégal Émergent et des politiques énergétiques nationales. Le pays a multiplié les projets solaires ces dernières années, notamment à travers des centrales comme celle de Touba ou les installations du Programme d'urgence d'électrification rurale. L'enjeu est crucial : étendre l'accès à une électricité fiable et abordable à des populations encore nombreuses à en être privées, tout en maîtrisant la facture énergétique nationale.

Malgré cette progression africaine, l'écart avec le reste du monde reste préoccupant. La croissance des capacités renouvelables au niveau mondial s'effectue à un rythme nettement supérieur, tiré par des géants comme la Chine, les États-Unis et l'Union européenne. Le continent africain, qui abrite pourtant une part significative de la population mondiale et dispose de ressources naturelles abondantes, soleil, vent, eau, ne capte encore qu'une fraction marginale des investissements mondiaux dans le secteur.

Les obstacles restent connus : accès limité aux financements internationaux, instabilité des cadres réglementaires dans certains États, insuffisance des infrastructures de transport et de distribution de l'électricité. Les institutions internationales et les bailleurs de fonds appellent régulièrement à un saut qualitatif dans le soutien financier au continent, notamment via des mécanismes de financement climatique plus accessibles.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

L'Afrique accélère dans les renouvelables, mais reste à la traîne mondiale | À l'Heure