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L'école sénégalaise parle enfin wolof, pulaar et seereer

Le projet SENTERMINO vient de franchir une étape décisive : plus de 5 000 fiches et livrets terminologiques dans trois langues nationales constituent désormais une base scientifique inédite pour transformer l'enseignement au Sénégal.

L'école sénégalaise parle enfin wolof, pulaar et seereer
L'école sénégalaise parle enfin wolof, pulaar et seereer — Photo : A l'heure / À l'Heure
Société

C'est un chantier silencieux mais fondamental qui vient de livrer ses premiers résultats. La première phase du projet SENTERMINO a permis de rassembler plus de 5 000 entrées terminologiques en wolof, en pulaar et en seereer. Ces fiches et livrets constituent un corpus organisé, pensé pour outiller concrètement les enseignants et faciliter la transmission des savoirs dans les salles de classe où le français reste, pour beaucoup d'élèves, une langue étrangère avant d'être une langue d'apprentissage.

Le défi n'est pas nouveau. Depuis les indépendances, les systèmes éducatifs africains hérités de la colonisation ont maintenu le français comme unique vecteur d'enseignement, marginalisant les langues maternelles dans les apprentissages formels. Au Sénégal, pourtant, le wolof est parlé par une large majorité de la population, tandis que le pulaar et le seereer structurent la vie quotidienne de millions d'autres citoyens. Cette réalité linguistique a longtemps buté contre un vide documentaire : les concepts scientifiques, mathématiques ou civiques n'existaient pas, ou peu, dans ces langues sous une forme standardisée et utilisable en classe.

C'est précisément ce vide que SENTERMINO cherche à combler. En produisant des ressources terminologiques rigoureuses et accessibles, le projet offre aux acteurs de l'éducation les outils nécessaires pour introduire les langues nationales dans les apprentissages sans sacrifier l'exigence scientifique. L'enjeu dépasse la simple traduction : il s'agit de construire un vocabulaire de référence, stable et partagé, capable de soutenir un enseignement bilingue ou multilingue cohérent.

À l'échelle du continent, plusieurs pays ont emprunté des chemins comparables. L'Éthiopie enseigne dans des dizaines de langues locales depuis des décennies ; la Tanzanie a fait du swahili une langue d'instruction à part entière. Ces expériences montrent que l'ancrage dans les langues maternelles peut renforcer la compréhension des élèves et réduire les taux d'échec scolaire, à condition de disposer d'outils pédagogiques adaptés. Le Sénégal, avec SENTERMINO, pose les premières pierres d'une infrastructure de ce type.

La première phase du projet dessine ainsi une direction claire pour la politique éducative nationale. La consolidation et la diffusion effective de ces ressources dans les établissements scolaires représenteront l'épreuve décisive pour mesurer l'impact réel de ce travail terminologique sur la réussite des élèves sénégalais.

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