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Six jeunes de Dahra Djolof meurent en voulant atteindre l'Espagne par l'Atlantique

La ville de Dahra Djolof est plongée dans la consternation après l’annonce du décès de six de ses fils, partis tenter la traversée clandestine de l’Atlantique vers l’Espagne. Les v

Six jeunes de Dahra Djolof meurent en voulant atteindre l'Espagne par l'Atlantique
Six jeunes de Dahra Djolof meurent en voulant atteindre l'Espagne par l'Atlantique — Photo : A l'heure / À l'Heure
Société

La ville de Dahra Djolof, dans le Ferlo, porte le deuil de six de ses fils, morts lors d'une tentative de traversée clandestine de l'océan Atlantique en direction de l'Espagne. Leurs noms sont désormais connus, ajoutant des visages à une tragédie qui frappe une communauté entière.

Parmi les victimes identifiées figurent Serigne Mourtada Ndiaye, réparateur de téléphones, et Ousmane Cissé, vendeur d'accessoires. Ces jeunes hommes, comme des milliers d'autres avant eux, avaient choisi la route des pirogues, l'une des plus meurtrières du monde, pour tenter leur chance en Europe. L'annonce de leur disparition a plongé Dahra Djolof dans la consternation, une ville déjà habituée à voir ses jeunes partir, mais rarement à les voir revenir de cette façon.

La route atlantique vers les îles Canaries, point d'entrée espagnol le plus proche pour les candidats à l'émigration depuis les côtes sénégalaises et mauritaniennes, est redevenue depuis plusieurs années l'une des voies migratoires les plus empruntées et les plus dangereuses du continent africain. Abandonnée un temps au profit d'autres corridors méditerranéens, elle connaît depuis le début des années 2020 un regain dramatique. Les organisations humanitaires recensent chaque année des centaines de morts et de disparus sur ce bras de mer, souvent balayé par des vents violents et des courants imprévisibles.

Le profil des victimes de Dahra Djolof illustre une réalité que les statistiques peinent à traduire pleinement : ce ne sont pas uniquement des sans-emploi qui prennent ces embarcations. Des artisans, des commerçants, des jeunes ayant un métier et une place dans leur communauté choisissent malgré tout la pirogue, poussés par un sentiment que l'avenir, au Sénégal, reste bloqué. Le Ferlo, région sahélienne enclavée, souffre d'un manque chronique d'investissements, d'infrastructures et d'opportunités économiques, ce qui alimente depuis des décennies un flux migratoire vers Dakar d'abord, puis vers l'extérieur du pays.

Face à l'ampleur du phénomène, les autorités sénégalaises ont multiplié les discours et les dispositifs de sensibilisation, mais les résultats restent limités. L'Union européenne, de son côté, finance des programmes de coopération avec le Sénégal pour tenter de juguler les départs, sans que ces efforts n'inversent durablement la tendance. Les familles endeuillées, elles, attendent moins des discours que des réponses concrètes sur les corps de leurs proches et sur les circonstances exactes de leur mort.

La mobilisation des familles et de la société civile de Dahra Djolof pour obtenir des réponses officielles permettra de mesurer jusqu'où la solidarité communautaire peut peser face à l'indifférence institutionnelle qui entoure trop souvent le sort des candidats à l'émigration disparus en mer.

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