Viol sur mineure à Fass Mbao : un accusé face à la justice, cinq ans après les faits
Une fillette de 12 ans retrouvée ligotée dans un poulailler, victime de viol et de séquestration. Cinq ans plus tard, l'affaire Daba Sabaly s'est enfin ouverte devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye.

Les faits remontent à plusieurs années dans le quartier Tally Mame Diarra, à Fass Mbao, localité de la banlieue dakaroise. La jeune Daba Sabaly, alors âgée de 12 ans, avait été retrouvée séquestrée, ligotée et violée à l'intérieur d'un poulailler. L'affaire avait profondément choqué les habitants du quartier. Un homme, identifié sous les initiales I. Maïga, a finalement été traduit devant la juridiction compétente pour répondre des chefs d'accusation de viol, pédophilie et séquestration.
Le délai de cinq ans entre les faits et l'ouverture du procès illustre une réalité bien connue du système judiciaire sénégalais : les affaires impliquant des violences sexuelles sur mineurs souffrent souvent d'une instruction longue, parfois épuisante pour les victimes et leurs familles. Les associations de défense des droits de l'enfant dénoncent régulièrement ces délais, qui fragilisent davantage des victimes déjà traumatisées et découragent parfois les familles de porter plainte.
Au Sénégal, les violences sexuelles sur les enfants constituent un problème de santé publique et de sécurité sociale reconnu. Le Code pénal sénégalais réprime le viol et les actes pédophiles, avec des peines pouvant aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité lorsque la victime est mineure. Malgré ce cadre légal, les poursuites judiciaires restent insuffisantes au regard du nombre de cas signalés par les organisations non gouvernementales actives sur le terrain.
À l'échelle du continent africain, plusieurs pays ont ces dernières années renforcé leur législation contre les violences faites aux enfants, sous la pression combinée de la société civile et d'engagements internationaux. Le Sénégal a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant ainsi que la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Ces engagements imposent à l'État une obligation de protection effective, qui passe aussi par une justice rendue dans des délais raisonnables.
L'affaire Daba Sabaly rappelle que la protection de l'enfance ne peut se résumer à des textes de loi. Elle exige des mécanismes concrets de signalement, de prise en charge psychologique des victimes et de suivi judiciaire rigoureux. Le procès en cours à Pikine-Guédiawaye est une occasion pour la justice sénégalaise de réaffirmer que les crimes contre les enfants ne restent pas impunis.
Le verdict attendu à l'issue des audiences dira si les engagements de l'État en matière de protection de l'enfance se traduisent en actes concrets face à l'un des crimes les plus graves que puisse connaître une société.
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